Loi sur le chanvre à la commission de la santé du National: opportunité manquée

Réguler plutôt qu’interdire: l’heure a sonné! Une loi sur le chanvre permettrait de réglementer sa culture, son commerce et sa consommation – ainsi que de mieux protéger les mineurs. C’est ce que fait déjà la loi sur l’alcool. Et la population est aussi de cet avis. Malheureusement, une courte majorité de la commission de la santé n’a pas voulu saisir cette chance. La balle est maintenant dans le camp du National.

C’est à une courte majorité que la commission de la sécurité sociale et de la santé publique du National (CSSS-N) a rejeté l’initiative parlementaire des Verts pour une nouvelle loi sur le chanvre. Les Verts déplorent cette décision. La politique de prohibition a échoué, mine toute politique de prévention et coûte cher à la collectivité.

Plutôt que de criminaliser les consommateurs adultes, il est temps de mettre sur pied une réglementation sensée des produits du chanvre et de renforcer la prévention et la protection des mineurs.

Le temps est venu
De plus en plus de pays ont décidé de miser sur une réglementation claire plutôt que sur la prohibition. Et quelques villes suisses souhaitent mettre sur pied des projets-pilote de vente légale, à des conditions précises, de produits du chanvre. Les Verts saluent ainsi la décision de la majorité de la CSSS-N d’autoriser des études de remise contrôlée de cannabis.

Finalement, d’après un récent sondage, deux tiers des Suisses et Suissesses seraient en faveur d’une réglementation du cannabis si celle-ci est accompagnée de mesures de protection de la jeunesse, d’imposition et de sécurité routière.

Une nouvelle loi sur le chanvre est responsable et ne comporte que des avantages:

  • liberté entrepreneuriale accompagnée de licences étatiques
  • aide structurelle à l’agriculture pour des produits de qualité suisse (bio)
  • un marché contrôlé plutôt que de la criminalité organisée
  • plutôt que de criminaliser des adultes consommateurs, une politique crédible de prévention et une protection stricte de l’enfance et de la jeunesse (interdiction de consommation aux moins de 18 ans)
  • nouveau substrat fiscal pour les assurances sociales et pour la prévention plutôt que des sommes importantes dépensées dans la poursuite pénale.