Les Verts contre l’initiative de l‘UDC sur les familles

Le choix entre une politique familiale efficace ou des cadeaux fiscaux aux plus riches

L’initiative UDC sur les familles est un miroir aux alouettes. Au lieu de traiter tous les modèles familiaux sur pied d’égalité, elle offre un cadeau fiscal de plus d’un milliard aux familles déjà aisées. Les Verts s’engagent pour des conditions cadres politiques qui soutiennent les familles. Ils disent Non à cette initiative parce que les familles doivent choisir librement le mode de garde de leurs enfants.

"L’Initiative UDC sur les familles favorise un seul modèle de famille : la famille mono-salariée", a dit aujourd'hui la conseillère nationale Yvonne Gilli à la conférence de presse du comité composé de partis de gauches et de syndicats. La liberté de choix en matière de garde des enfants est donc une exigence importante pour les Verts. Aujourd’hui cette liberté de choix n’existe pas dans toutes les familles. Cela ne va pas changer avec l’initiative UDC. Il faudrait d'autres mesures, comme par exemple plus d'emplois à temps partiel, l’introduction d’un salaire minimum, le renforcement du modèle de job-sharing, du congé parental et du télétravail et suffisamment de places dans les crèches.

Les familles aisées sont fiscalement avantagées
Sous l‘appellation fallacieuse d’une aide aux familles, l’UDC propose une politique clienté¬liste avec pour conséquence une redistribution des richesses du bas vers le haut. Avec cette initiative, le parti agrarien demande qu'un petit groupe de familles aisées soient fiscale¬ment avantagées. Premièrement, les déductions fiscales profitent toujours, en priorité, aux plus hauts revenus (progression fiscale). Deuxièmement, la moitié des familles ne pourront retirer aucune aide de cette proposition, car elles ne paient aujourd’hui aucun impôt fédéral direct. Troisième¬ment, les seules familles qui peuvent se passer d’un second revenu sont celles où l'un des parents - le plus souvent le père - dispose d'un revenu très élevé.

L’égalité entre les modèles familiaux n’est pas obtenue
Pour deux familles sur trois, la réalité est totalement différente : les deux parents travaillent, parfois par choix, mais souvent par obligation. Ainsi, la majorité des familles en Suisse peuvent donc déduire aujourd’hui des frais de garde existant réellement. Si les déductions de charges virtuelles venaient à être acceptées, la facture aboutira à un transfert des caisses de l'Etat vers les familles à haut re¬venu, et il faudra bien équilibrer les comptes en conséquence. La volonté d’un traitement équitable entre les différents modèles familiaux serait totalement bafouée avec cette initiative. En effet, de nouvelles inégalités seraient ainsi créées, au profit des familles qui peuvent garder eux-mêmes leurs enfants. "Les Verts s’engagent pour des conditions cadres politiques qui soutiennent les familles. Ces conditions ne doivent pas s’orienter selon des idéologies, mais selon la réalité sociale et politique. C'est la seule manière de garantir à l'avenir un libre choix entre les différents modèles familiaux" selon les termes d'Yvonne Gilli.