Non au démantèlement de l'assurance-chômage

Non au démantèlement de l’assurance-chômage

La 4e révision de l’assurance-chômage épargne les gros salaires et punit la classe moyenne et les bas revenus en augmentant le montant des cotisations et en sabrant dans les prestations. En ces temps de crise économique, c’est un non-sens. La méthode choisie pour assainir l’assurance-chômage n’est pas sérieuse, dénoncent les Verts, le PS suisse, le PEV et le PCS. Elle frappera durement les chômeurs et les sommes économisées seront reportées sur le budget des cantons et des communes. Le peuple doit absolument faire barrage à cette révision absurde en votant NON le 26 septembre 2010.

Le président du PS Christian Levrat souligne : « la classe moyenne aura payé trois fois la facture de la crise. Après avoir dû passer à la caisse pour sauver UBS, elle doit financer l’assainissement de l’assurance-chômage tout en subissant une réduction des prestations. Quant aux vrais responsables, ils n’ont rien eu à débourser. »

Les jeunes, les personnes proches de la retraite et celles qui travaillent dans des conditions précaires seront les principales victimes de la réduction des indemnités journalières et de l’allongement de la durée de cotisation. Ueli Leuenberger, président des Verts, met en garde : « un dangereux processus de paupérisation est en marche, que cette révision va encore accélérer. Une politique qui punit les chômeurs ne promet pas un futur riant à notre société, au contraire, elle signifie un grand pas en arrière ».

La présidente de la Confédération Doris Leuthard et les partisans de la révision ont utilisé une tactique trompeuse. Il y a une alternative à la suppression des prestations, mais ce n’est pas comme ils le prétendent la hausse des cotisations pour tous. Il suffirait d’appliquer à l’assurance-chômage le principe de l’AVS. Les personnes qui touchent de hauts salaires sont tenues de verser des cotisations d’un montant en proportion.

Un report des coûts sur les cantons
Heiner Studer, président du PEV Suisse et membre de l’exécutif d’une importante commune argovienne, s’insurge contre le report des coûts et la suppression des mesures spéciales dont bénéficient les régions connaissant un fort taux de chômage. « Un tiers des montants économisés se retrouvera sur l’ardoise des cantons et des communes, qui devront faire face à un afflux de demandes d’aide sociale. Il n’est pas tolérable que la Confédération se décharge ainsi de ses responsabilités sur d’autres. »

« La révision prétend assainir sans risques, mais c’est une illusion » fait remarquer Marie-Thérèse Weber Gobet, conseillère nationale PCS : « Les conséquences pourraient être dramatiques. À supposer que l’économie connaisse une nouvelle crise dans trois ou quatre ans, ou même plus tard, nous nous trouverions toujours face à une montagne de dettes et devrions relever les cotisations et supprimer d’autres prestations au moment le moins favorable ».

Les Verts, le PS, le PEV et le PCS ont farouchement lutté contre le démantèlement de l’assurance-chômage dans les commissions parlementaires et au Parlement. Rejoints par les syndicats et les organisations de personnes concernées, ils ont récolté 140'514 signatures pour le référendum contre la 4e révision qui sera soumis au vote le 26 septembre.