Christine Häsler à propos de la réforme des prestations complémentaires

La dignité des 300'000 bénéficiaires de PC devrait être au cœur de cette réforme. Ce projet améliore quelque peu l’autonomie et la qualité de vie des personnes en situation d’handicap. Malheureusement, d’autres économies sont faites sur le dos des plus vulnérables d’entre nous – comme par exemple les enfants.

Après le Conseil des Etats, la Commission de la sécurité sociale et de la santé publique (CSSS-N) a longuement débattu de la réforme des prestations complémentaires. Les prestations complémentaires (PC) sont allouées aux bénéficiaires d’une rente AVS ou AI dont le revenu ne leur permet pas de couvrir le minimum vital. Environ la moitié des bénéficiaires d’une rente AI sont tributaires des PC.

Avec cette révision, la majorité bourgeoise veut durcir les critères d’accès aux prestations complémentaires. Les dépenses imputables seront réduites et les familles dont les parents perçoivent des PC verront les prestations pour leurs enfants diminuer. Ce projet contient ainsi plusieurs pilules amères.

Il faut cependant saluer plusieurs améliorations. Le montant du loyer maximal pris en compte dans le calcul des PC a été revu à la hausse, afin de faire face à l’explosion des prix des loyers. Mais on peut déjà prévoir que cette augmentation ne sera pas suffisante pour de nombreux bénéficiaires – le forfait pour les chaises roulantes devrait notamment être adapté. Il y a en Suisse trop peu d’habitations accessibles aux fauteuils roulants et celles-ci, relativement onéreuses, ne seront pas accessibles aux bourses des bénéficiaires de PC sans une adaptation des forfaits perçus. Il faut également souligner le soutien accru apporté aux logements protégés : il devrait ainsi être possible à ceux et celles qui ont besoin de soins ou d’un accompagnement régulier de pouvoir continuer à vivre à la maison. Ainsi, l’autonomie et la qualité de vie s’en trouvent améliorées, et le séjour – coûteux – dans un home peut être évité ou repoussé. Il faut par contre regretter que seuls les bénéficiaires de rentes de vieillesse pourront bénéficier de cette prestation (et pas ceux de l’AI).