Appel pour une politique migratoire ouverte et respectueuse des droits fondamentaux

Tout en ouvrant ses frontières aux ressortissant-e-s de l’Union européenne, la Suisse se barricade contre les migrant-e-s venant du reste du monde. Cette politique est discriminatoire. Les requérants d’asile, de même que celles et ceux qui viennent chercher du travail, sont confrontés à des exigences et des contraintes telles que leurs droits fondamentaux sont souvent bafoués. Pourtant, les restrictions draconiennes dans l’accueil, de l’aveu même du Conseil fédéral, ne parviennent pas à endiguer le flux. A long terme, en tenant compte du fossé grandissant entre le Nord et le Sud, des catastrophes écologiques prévisibles, de la raréfaction des ressources naturelles et des conflits que cela engendrera, il faudra compter sur un exode accru des populations, quelle que soit l’aide au développement qu’on sera capable de fournir.

Nous appelons à un changement radical de perspective dans l’accueil et l’intégration des migrant-e-s.
Nous estimons en effet que la migration, aussi bien celle des ressortissant-e-s de l’UE que celle des migrant-e-s des autres pays, est un enrichissement social, culturel et économique pour notre pays, et non pas une menace. Nous refusons une politique de discrimination et d’exclusion, menée dans un climat de suspicion généralisée à l’encontre des migrant-e-s.

Considérant que de nombreux-ses migrantes et migrants sont privé-e-s des droits garantis par des conventions internationales, notamment parce que nos lois permettent d’empêcher les mariages pour les personnes sans autorisation de séjour et de renvoyer des migrant-e-s en privant leurs enfants d’une relation avec leur père ou leur mère...
...nous demandons que soient reconnus et garantis les droits fondamentaux tels que le droit au mariage, le droit de vivre en famille, le droit à la formation pour tous les enfants et les jeunes, le droit de changer d’employeur et de résidence, le droit à la mobilité, y compris, quand c’est possible, pour retourner dans son pays d’origine et revenir librement en Suisse. Nous demandons que ceux qui souhaitent obtenir la nationalité suisse puissent le faire sans être confrontés à des obstacles toujours plus nombreux.

Considérant que la définition des critères pour accorder l’asile est dépassée et que les personnes victimes de violences non-étatiques, de guerres civiles, ou de désastres écologiques ou climatiques ont également besoin de protection…
…nous demandons une extension du statut de réfugié et l’examen de toutes les demandes d’asile en prenant en compte également les motifs liés à des violences ethniques, sociales, des violences envers les femmes ou des violences environnementales. Nous demandons que la Suisse s’efforce de faire reconnaître cette extension dans le droit international.

Considérant que les migrant-e-s sont apprécié-e-s et recherché-e-s pour les un-e-s et considéré-e-s comme indésirables pour les autres, qu’ils et elles sont classé-e-s dans des catégories administratives plus ou moins étanches qui servent à discriminer les plus vulnérables, sans papiers, requérants déboutés, réfugiés admis provisoirement, qui vivent en Suisse dans la clandestinité ou dans une grande précarité…
…nous demandons un assouplissement des filières et la création de passerelles entre les différents statuts, y compris entre asile et migration, de manière à éviter toute violation des droits fondamentaux. En particulier, nous demandons que toute personne vivant en Suisse et pouvant assurer sa subsistance et faire vivre sa famille, grâce à un emploi ou des ressources personnelles, puisse bénéficier d’une autorisation de séjour.

Considérant que la cohésion sociale et l’égalité des chances constituent un objectif qui concerne autant les Suissesses et les Suisses que les étrangères et les étrangers…
…nous demandons qu’une politique d’intégration soit mise en place en faveur des un-e-s comme des autres, fondée sur la solidarité et la réciprocité, respectant les valeurs fondamentales et la culture des un-e-s et des autres, dans les limites du droit suisse.
Cette politique visera l’égalité des chances dans la formation, l’emploi, le logement, les salaires, les conditions de travail, la protection contre les licenciements. Chacun doit pouvoir faire valoir ses compétences et ses expériences et participer à la vie politique.
Ces mesures seront définies non pas dans une législation d’exception, mais dans des lois ordinaires, applicables aussi bien aux Suisses qu’aux étrangers et étrangères.

Conférence de presse pour le lancement
Discours d'Anne-Catherine Menétrey, ancienne conseillère nationale VD
Discours d'Ueli Leuenberger, président des Verts (en allemand)
Discours de Brigitta Gerber, présidente terre des hommes suisse ( en allemand)
Discours de Moreno Casasola, directeur Solidarité sans frontières (en allemand)
Discours d'Anina Ineichen, coordinatrice des Jeunes Vert-e-s suisses (en allemand)