Non à l’Etat fouineur

Non à l’Etat fouineur

La « course à l’armement » prévue par la nouvelle loi sur le renseignement n’améliore que légèrement la sécurité. Mais elle augmente surtout moyens et prérogatives au détriment des droits fondamentaux et de la sphère privée. L’autorisation qu’elle accorde désormais de mettre sur écoute des individus sans le moindre soupçon de délit est particulièrement choquante. Au lieu des durcissements proposés, les Verts exigent un meilleur contrôle du service de renseignement.

 

La nouvelle loi sur le renseignement, agendée la semaine prochaine au Conseil national, n’améliore guère la sécurité en Suisse. Tant la mise sur écoute sans soupçon initial que l’interdiction d’organisations sont des violations dangereuses et disproportionnées des droits fondamentaux. Par conséquent, le groupe parlementaire écologiste a décidé aujourd’hui de voter en faveur de la non-entrée en matière. Il demandera également un renforcement de la haute surveillance parlementaire sur le service de renseignement de la Confédération (SRC) et soutiendra une série d’amendements à cette fin.

 

Plutôt qu'épier les citoyens, la Suisse devrait mieux tenir en main son service de renseignement. Sinon, bonjour l’Etat fouineur!

 

Christian van Singer

 

Le Ministère public de la Confédération a déjà tous les moyens nécessaires
Mener une enquête n’est pas du ressort du service de renseignement, mais du Ministère public de la Confédération. Celui-ci dispose déjà d’un arsenal de moyens, à l’efficacité prouvée, dès que la sécurité de l’Etat est menacée. Il peut par exemple mettre quelqu’un sur écoute dès l’émergence d’un soupçon. Tandis que la nouvelle loi sur le renseignement permettrait au SRC d’écouter des conversations téléphoniques ou de lire des e-mails de milliers de personnes, sans le moindre soupçon.

 

Finalement, les Verts refusent d’inscrire l’interdiction d’organisations dans la LRens. La solution actuelle est satisfaisante : le droit de nécessité permet une interdiction limitée dans le temps et soumise au contrôle parlementaire (cf la motion relative à l’interdiction de l’organisation « Etat islamique » et soutenue par les Verts).

 

Les Verts sont opposés tant à l’alarmisme qu’à la banalisation des dangers du terrorisme. Ils appellent à garder la tête froide. Comme tout service de renseignement, le SRC veut un maximum de moyens. C’est du ressort du politique, le Conseil fédéral et le parlement, de mettre ces revendications en balance avec la protection des droits humains.

 

En savoir plus sur la position des Verts par rapport à la LRens

Twitter: #LRens #surveillance #renseignement