Les Verts rejettent à l'unanimité l’initiative «No Billag»

ASSEMBLÉE DES DÉLÉGUÉ-E-S DU 28 OCTOBRE 2017

La politique des médias a été au cœur de l’Assemblée des délégué-e-s des Verts suisses qui se tenait aujourd’hui à Riehen (BS). Après avoir adopté une résolution en faveur de médias diversifiés et de qualité, les délégué-e-s ont recommandé à l’unanimité, moins une abstention, de rejeter l’initiative «No Billag».

Les délégué-e-s des Verts suisses rejettent avec fermeté l’initiative « No Billag » à l'unanimité, moins une abstention. Un système médiatique fort et pluriel est indispensable au débat démocratique et à la cohésion des différentes cultures de notre pays. « No Billag » livrerait la Suisse à quelques magnats de la presse et des médias. Elle déroulerait le tapis rouge aux diffuseurs internationaux qui pourraient ainsi continuer à grignoter des parts du marché télévisuel suisse dont ils possèdent déjà les deux tiers.

L’initiative détruit un système mixte éprouvé, au sein duquel la SSR, financée par les deniers publics, et les groupes médiatiques privés rivalisent pour produire des contenus diversifiés et d’excellente qualité. En outre, elle menacerait 21 radios privées et 13 télévisions régionales en les privant de redevance.

Améliorer au lieu de détruire : concevoir un avenir médiatique pluriel et indépendant
Pluralisme et qualité, indépendance et structures démocratiques restent, pour les Verts, les critères incontournables des médias, y compris dans une société numérique. Dans une résolution sur la politique médiatique, ils exigent un nouveau partenariat entre médias privés et publics afin que le système médiatique suisse puisse exister face à la concurrence internationale. Collaborer au niveau de la formation et de la technique et encourager adéquatement les médias afin de garantir la diversité renforceraient notamment les médias privés. Cet encouragement doit s’étendre aux nouvelles initiatives médiatiques démocratiques du cyber-espace. Et la SSR devrait mettre à disposition des médias privés des contenus selon des règles claires.

La SSR ne doit pas seulement continuer à remplir son mandat constitutionnel, mais elle doit renforcer son caractère démocratique. «Mais cela ne peut pas signifier abolir la SSR », explique Lisa Mazzone, vice-présidente. « Améliorer, non pas détruire, telle est notre devise ».

Bilan de mi-législature : les Verts en plein essor
Lors de cette Assemblée, Lisa Mazzone et Balthasar Glättli ont tiré le bilan de mi-législature 2015-2019. Les Verts sont en plein essor pour entamer les deux prochaines années. « Depuis les élections de 2015, nous sommes en deuxième position en termes de progression au niveau cantonal. Nous nous sommes également renforcés dans les législatifs et les exécutifs des centres urbains », se réjouit Balthasar Glättli. « Et nous avons marqué des points sur nos thèmes-clés : environnement, énergie, droits fondamentaux. A l’interne, les débats verts, un des points forts pour les Verts en 2017, ont montré la voie du succès : les Verts sont le parti de la participation ! », a résumé Balthasar Glättli. Les Verts axent actuellement leur action pour l’égalité des genres et contre le mirage olympique. « L’égalité doit enfin devenir une réalité. Mais au lieu de promouvoir un congé paternité, le Conseil fédéral préfère investir un milliard pour les JO : les Verts s’opposeront de toutes leurs forces contre cette politique insensée », a expliqué Lisa Mazzone dans son discours présidentiel.

DÉBAT PUBLIC « OPINION PUBLIQUE ET DÉMOCRATIE À L’ÈRE DES NOUVEAUX MÉDIAS »

Le Non des Verts à « No Billag » ne signifie nullement qu’ils cautionnent le statu quo : les échanges sur l’avenir des médias ont été animés lors de l’assemblée des délégué-e-s. Avant de se prononcer sur la politique médiatique, les délégué-e-s ont assisté à une table ronde « Opinion publique et démocratie à l’ère des nouveaux médias ». Chantal Tauxe (journaliste, membre de Médias pour tous, anc. réd’en chef adjointe de L’Hebdo), Adrienne Fichter (journaliste indépendante, spécialisée en technologie ouverte, et politologue) et Christof Moser (journaliste et co-fondateur du projet R et Republik) y ont débattu des avantages et des inconvénients de l’évolution actuelle du paysage médiatique suisse et de la manière d’y répondre.