Gripenleaks: les rapports secrets soulèvent de nombreuses questions

La radio suédoise et la Neue Luzerner Zeitung annoncent aujourd’hui que l’Etat suédois planifiait une campagne cachée de relations publiques, afin d’influencer le résultat de la votation populaire sur le Gripen. Le conseiller fédéral Ueli Maurer affirme ne pas avoir été informé de cette campagne, mais y jette un regard bienveillant. C’est ce que prouvent des documents confidentiels de l’ambassade suédoise à Berne.

Gripenleaks: les rapports secrets soulèvent de nombreuses questions

La radio suédoise et la Neue Luzerner Zeitung annoncent aujourd’hui que l’Etat suédois planifiait une campagne cachée de relations publiques, afin d’influencer le résultat de la votation populaire sur le Gripen. Le conseiller fédéral Ueli Maurer affirme ne pas avoir été informé de cette campagne, mais y jette un regard bienveillant. C’est ce que prouvent des documents confidentiels de l’ambassade suédoise à Berne.
 
Le fait que l’Etat suédois souhaite influencer la votation populaire au travers d’une campagne secrète de relations publiques est proprement inacceptable et démontre un irrespect de notre démocratie directe. Puis encore, Ueli Maurer et divers collaborateurs du DDPS semblaient au courant de ces activités. Au lieu de s’opposer fermement à cette immixtion, cette campagne a non seulement été saluée, mais le conseiller fédéral en redemande. Ce nouveau Gripenleaks soulève nombre de questions :
  • Quelle a été l’intensité de la collaboration d’Ueli Maurer avec l’ambassade suédoise ? A quelle fréquence se sont rencontrés Ueli Maurer – ou ses collaborateur-trice-s – et l’ambassadeur suédois ?
  • Le conseiller fédéral Ueli Maurer a-t-il dit toute la vérité hier, devant les médias, lorsqu’il a déclaré que Saab ne participerait « ni de manière directe, ni de manière indirecte » à la campagne de votations ?
  • Comment l’ambassade suédoise a-t-elle réussi à faire publier une série d’interviews pro-Gripen dans la presse écrite ?
  • Comment le contenu de discussions confidentielles du Conseil fédéral a-t-il pu se retrouver cité dans un rapport de l’ambassade suédoise ? Y aurait-il eu violation du secret de fonction ?
  • Est-il exact que la campagne du oui au Gripen dispose d’un budget de 3 à 6 millions de francs ? D’où proviennent ces fonds ?
  • L’exercice du Gripen lors de la coupe de monde de ski à Lenzerheide avait-il une justification militaire ? Ou s’agissait-il simplement d’un événement de relations publiques, comme le document de l’ambassade suédoise le laisse supposer ?
  • Comme est-il possible que « l’alliance pour une Suisse sûre » ait été priée d’organiser pour sa centaine de membres, un entraînement en Suède ? Les coûts étaient-ils pris en charge par la société Saab ?
L’alliance « NON aux milliards pour des avions de combat » exige une transparence complète sur la collaboration entre le DDPS et l’ambassade suédoise. De même, le financement de la campagne pro-Gripen doit être rendu public. Dans le cas contraire, il faudra considérer qu’une part substantielle de la campagne sera financée par Saab.