Non à un projet coûteux fait à l'aveuglette

Le «développement de l’armée» au Conseil des Etats

Le groupe des Verts a décidé aujourd’hui de refuser le projet sur le développement de l’armée (DEVA). Une analyse claire des risques et des menaces militaires est la grande absente de ce projet. Il ne fait donc aucun sens d’y investir de l’argent. Les Verts exigent en outre un moratoire sur les programmes d’armement tant que ces questions essentielles ne seront pas clarifiées de façon concluante.

Les Verts émettent plusieurs critiques sur le projet pour le «développement de l’armée» qui sera débattu le 10 mars prochain au Conseil des Etats. Les objectifs et le but exact de l’armée ne sont pas clairs: il manque en particulier une analyse précise des menaces concrètes pour la Suisse. Le rapport sur la politique de sécurité prévu pour 2016 devrait livrer des premières réponses.

Une armée à la recherche de sens
Le Conseil fédéral cherche désespérément de nouveaux terrains de jeu pour l’armée, tels que par exemple le maintien de la sécurité intérieure. Les Verts rejettent fermement cette stratégie: l’armée n’est pas adaptée pour remplir tant des missions de police que de protection en cas de catastrophes. Les tâches civiles relèvent des autorités civiles.

Aux yeux des Verts, DEVA propose une armée bien trop grande et coûteuse. Il est nécessaire de la redimensionner. Ainsi, il serait possible d’économiser afin d’investir dans des domaines importants qui manquent de soutien financier, tels que la formation ou la protection de l’environnement.

Le groupe parlementaire a donc décidé de rejeter ce projet DEVA à l’unanimité.

Luc Recordon

Ce projet ne répond pas à la question suivante: à quoi sert l’armée? Plutôt que de lui chercher désespérément de nouveaux débouchés, le Conseil fédéral devrait simplement la redimensionner.