Promouvoir la qualité de vie sans enfermer la Suisse

Les Verts veulent une Suisse ouverte, mais aussi une qualité de vie élevée pour ses habitants. Ils rejettent l’initiative de l’UDC sur l’immigration de masse, qui prétend répondre aux problèmes de logement, de mobilité et de pression sur les salaires en fermant nos frontières. Ces problèmes doivent être résolus par des mesures ciblées: promotion économique durable plutôt que dumping fiscal, aménagement du territoire crédible, maîtrise de notre mobilité, protection des salaires, offensive de formation. Des mesures systématiquement rejetées par l’UDC.

« La libre circulation des personnes n’est pas la cause du mitage du territoire, de la crise du logement, de la saturation des transports et de la pression sur les salaires. C’est une croissance incontrôlée et mal gérée, en particulier dans certains cantons, qui est à incriminer », a déclaré Adèle Thorens, co-présidente des Verts. « Nous avons besoin d’une politique fiscale et de promotion économique ciblée, qui vise un développement durable. »

Neuf solutions vertes pour régler nos problèmes de croissance
Moyennant une telle politique, la libre circulation des personnes est une chance, que ce soit au niveau culturel, économique ou social. « Un haut niveau de qualité de vie est compatible avec une Suisse ouverte. Pour cela, nous devons cependant prendre des mesures urgentes pour mieux protéger les salaires, offrir à la population des logements accessibles, maîtriser notre mobilité, lutter efficacement contre le mitage du territoire et mettre à disposition de notre économie des collaborateurs qualifiés. C’est par des mesures ciblées que nous résoudrons nos problèmes, et pas en stigmatisant la migration », a dit Fabien Fivaz, député au Grand Conseil neuchâtelois, venu illustrer le cas de son canton.

Les Verts ont ainsi présenté ce matin, lors d’une conférence de presse, leurs propres solutions :

  1. Développer une promotion économique durable, encourageant de manière ciblée l’économie verte et les entreprises responsables et localement ancrées
  2. Mettre fin au dumping fiscal et à une promotion économique purement exogène, qui vise à attirer un maximum d’entreprises sans autre critère que la croissance quantitative
  3. Appliquer de manière crédible la nouvelle Loi sur l’aménagement du territoire, afin de limiter le mitage du territoire
  4. Promouvoir les logements à un prix accessible et lutter contre les loyers excessifs
  5. Encourager les transports publics et la mobilité douce
  6. Mieux maîtriser notre mobilité grâce à un aménagement du territoire judicieux mais aussi à une réorganisation du travail (home office)
  7. Renforcer et appliquer de manière crédible les mesures d’accompagnement visant à juguler la pression sur les salaires, par exemple grâce à l’imposition de salaires minimaux
  8. Développer une offensive de formation là où l’on manque de personnel qualifié, par exemple dans les domaines MINT (mathématiques, informatique, sciences naturelles et technique) ou les métiers de la santé
  9. Favoriser le travail des femmes en permettant une meilleure conciliation entre vie professionnelle et familiale

L’initiative de l’UDC ne résout rien : elle crée de nouveaux problèmes
L’UDC prétend répondre aux problèmes de logement, de mobilité et de pression sur les salaires en fermant nos frontières. Pourtant, elle contribue elle-même aux problèmes qu’elle dénonce en soutenant le dumping fiscal pour attirer en Suisse un maximum d’entreprises et leurs employés, dans une perspective purement quantitative, en s’opposant aux mesures de protection des locataires et à la révision de la Loi sur l’aménagement du territoire, ou encore en luttant contre le renforcement des transports publics et contre les mesures de protection des salaires.

La fermeture des frontières ne résoudra rien. L’initiative de l’UDC créera au contraire de nouveaux problèmes, en menaçant les bilatérales et leurs acquis, notamment en matière de transports, de formation et de recherche. Les Verts s’y opposent dès lors fermement.