Ueli Leuenberger à propos de la décision du CEDH dans l'affaire Perinçek

Les propos haineux et négationnistes sont des poisons, la norme antiracisme l’antidote. Le Conseil fédéral ne doit laisser aucune ambiguïté en reconnaissant enfin le génocide des Arméniens.

Les Verts regrettent vivement le verdict que la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH) a annoncé aujourd’hui dans l’affaire Perinçek c. Suisse. La CEDH conteste qu’il existe un consensus international sur le génocide arménien. En 2007, le Tribunal fédéral est arrivé à une autre conclusion.

Pour les Verts, la négation du génocide des Arméniens comme de tous les génocides ne peut pas être tolérée et la Suisse doit continuer d’appliquer la norme antiraciste. Mais la décision de Strasbourg risque d’apporter de l’eau au moulin à ceux qui veulent supprimer cette norme importante du Code pénal suisse.

En 2007, le Tribunal fédéral avait confirmé la condamnation de l’ultranationaliste turc Perinçek pour discrimination raciale et pour avoir nié à plusieurs reprises le génocide arménien lors d’une campagne provocatrice en Suisse. La Cour européenne des droits de l’homme a, dans un premier jugement, donné gain de cause à Perinçek au nom du respect de la liberté d’expression – décision contre laquelle la Suisse a fait recours.