Permettre la migration, favoriser l’intégration, protéger les réfugiés

1ère version 28.06.2003

Dans leur Manifeste d’août 2002, à propos de la politique de migration, les Verts déclarent: « La liberté de s’établir dans une région, quelle qu’elle soit, devrait faire partie des droits humains. Les Verts combattent avec force la politique actuelle des autorités, discriminatoire et arbitraire, parfois inhumaine à l’égard des requérants d’asile, restrictive quant aux droits des migrants et hypocrite face à ceux qui ne bénéficient pas d’un statut légal, les contraignant ainsi à vivre dans des conditions indignes. Les Verts demandent une régularisation collective des sans-papiers, souhaitent faciliter la naturalisation, ouvrir des possibilités d’accueil pour les ressortissants de pays hors Union européenne, accorder des droits politiques aux étrangers et accueillir plus généreusement les personnes qui fuient les persécutions.»

Les êtres humains cherchent des conditions de vie plus sûres
La migration intercontinentale est une des conséquences de l’histoire coloniale européenne. La globalisation du marché du travail existe déjà depuis 500 ans. La migration est une réalité et continuera à l’être. Seule une minorité privilégiée émigre de son plein gré. La majorité quitte son pays par manque de sécurité économique ou politique, ou pour fuir une guerre civile ou une catastrophe écologique. Aussi longtemps que le fossé entre pays pauvres et pays riches subsistera, que les droits humains, qu’ils soient politiques, sociaux ou culturels, seront enfreints dans de nombreux pays, la migration existera. C’est pourquoi la politique de migration va de pair avec la politique des droits humains et avec une politique réfléchie et engagée d’aide au développement.

La Suisse a besoin des travailleurs étrangers
Dans les pays occidentaux, pays d’immigration, la demande en main-d’œuvre étrangère est grande, dans tous les domaines d’activité et pas seulement les plus qualifiés. Les employeurs ne cherchent pas seulement les forces de travail hautement qualifiées, ils veulent également trouver une main-d’œuvre bon marché et docile. La Suisse pratique une politique de migration à deux vitesses. Elle veut rendre difficile, voire interdire, l’immigration aux non ressortissants de l’UE, alors que, pour l’élite, les « global players », la nationalité ne joue aucun rôle. Dans la pratique, la politique d’immigration restrictive n’empêche pas la migration. Au contraire, des migrants vivent en Suisse illégalement (Sans-papiers), sans droits, et sont utilisés comme main-d’œuvre à bon marché. Cette politique caractérise aussi la dernière révision de la loi sur les étrangers (LETr).

Organiser la cohabitation
Les Verts proposent une nouvelle conception de la politique de migration et de la politique d’asile ainsi qu’une amélioration de la politique d’intégration et de naturalisation qui repose sur les principes suivants:

  • Les droits fondamentaux et la dignité doivent être garantis à tous, indépendamment de leur origine et de leur sexe,
  • Le devoir de protection découlant du droit international public doit être respecté intégralement et sans restriction
  • Les conventions des droits de l’Homme de l’ONU et de l’Europe doivent être appliquées sans restriction envers les „migrants“; la Suisse doit ratifier la convention internationale pour la protection des droits de tous les travailleurs immigrés et de leur famille. 
  • La discrimination des non ressortissants de l’UE sur le marché du travail doit être éliminée
  • Les autorités doivent mener une politique d’information objective pour contrer la propagande de ceux qui attisent la peur des «étrangers» 
  • Le public doit être sensibilisé aux effets néfastes du racisme. L’interdiction de la discrimination raciale doit faire partie intégrante de la formation