La révision de la loi d'asile s'en prends aux plus faibles

Les Verts rejettent la révision de la loi sur l'asile car elle supprime la procédure d’ambassade et refuse le statut de réfugié aux déserteurs. La Suisse se détourne ainsi de sa tradition humaniste. Pour améliorer la situation dans le domaine de l'asile, les Verts demandent que les requérants d'asile puissent intégrer le monde du travail et qu'en cas de non admission ils bénéficient d’une aide au retour digne de ce nom.

La révision de la loi sur l'asile s’en prend aux plus faibles

Les Verts rejettent la révision de la loi sur l'asile car elle supprime la procédure d’ambassade et refuse le statut de réfugié aux déserteurs. La Suisse se détourne ainsi de sa tradition humaniste. Pour améliorer la situation dans le domaine de l'asile, les Verts demandent que les requérants d'asile puissent intégrer le monde du travail et qu'en cas de non admission ils bénéficient d’une aide au retour digne de ce nom.

Au cours des 30 dernières années, le parlement a procédé à 10 révisions de la loi sur l'asile, en la durcissant régulièrement. Les problèmes liés à l’asile, réels ou non, n’ont pas pour autant été résolus. Le durcissement actuel touche les personnes les plus faibles, c’est-à-dire celles qui méritent réellement protection. Pour ces raisons, les Verts rejettent la révision de la loi sur l'asile soumise à votation populaire le 9 juin.

Il faut maintenir la procédure d’ambassade
La révision de la loi prévoit la suppression de la procédure d’ambassade plutôt que de l’étendre. «La possibilité de demander l'asile dans les ambassades aide les personnes les plus faibles, à savoir les femmes, les enfants et les personnes âgées. Avec la révision, ces personnes se verront contraintes d’entreprendre une fuite dangereuse en recourant aux bandes de passeurs,» dénonce Irène Kälin, la jeune vice-présidente des Verts. Jusqu'en septembre dernier, des demandes d’asile pouvaient être déposées dans les ambassades suisses à l’étranger. Les personnes reconnues comme méritant protection étaient alors autorisées à entrer en Suisse.

Les personnes qui refusent de servir sont les réfugiés les plus menacés
Selon la révision, les déserteurs et les personnes refusant de servir ne pourraient plus bénéficier du statut de réfugié et ne bénéficieraient donc plus de l'asile en Suisse. Lors de la conférence de presse d'aujourd'hui, Jo Lang, vice-président des Verts, a ainsi expliqué que «les personnes qui refusent de servir sont non seulement les fugitifs les plus politiques, mais également les plus menacés. Il est inhumain et déraisonnable de refuser par principe le droit d’asile à cette catégorie de personnes!»

Avec chaque révision, c’est un peu d'humanité qui se perd
Sous prétexte d'accélération des procédures, le Parlement a adopté la dixième révision de la loi sur l'asile. Les nouvelles dispositions de la loi ne cherchent même pas à empêcher les abus en matière d'asile. Il s'agit bien plus de refuser ouvertement l'asile à des personnes jusqu’à présent protégées à juste titre. C’est un renoncement à la tradition humanitaire de la Suisse. Il y a 43 millions de personnes en fuite sur notre Terre. Seule une infime partie d'entre elles cherche et trouve refuge en Europe. «Sur les 8 millions de personnes vivant en Suisse, les requérants d'asile et les réfugiés reconnus représentent à peine le 1%. En 2012, 5561 personnes sont venues s’y ajouter,» déclare Balthasar Glättli, conseiller national écologiste, et il pose la question : «est-ce réellement insupportable pour la Suisse?»

Solutions vertes
Les requérants d'asile, qui attendent souvent pendant un an ou plus une réponse à leur demande, doivent être mieux intégrés, estiment les Verts. Ces personnes doivent bénéficier de programmes d'occupation utiles ou, mieux encore, de possibilités de formation et d'emploi. Des aides incitatives doivent être mises en place, pour que les personnes dont la demande a été rejetées puissent retourner dignement et en sécurité dans leur pays : des programmes de formation et de formation continue, en Suisse et dans le pays d'origine, ainsi qu’un renforcement de l’aide au retour, doivent garantir une existence sûre dans le pays de provenance.


Pour informations:
Ueli Leuenberger, conseiller national GE, membere CIP, 079 254 16 59
Robert Cramer, vice-président, conseiller aux Etats GE, membre CIP, 079 250 05 00
Josef Lang, vice-président, 079 321 96 30
Anne-Marie Krauss, secrétaire générale adjointe, 079 448 34 82