NON au braquage des caisses de la Confédération

Des parlementaires issus de six partis différents ont participé aujourd’hui à une conférence de presse pour défendre le NON à l’initiative « vache à lait ». L’argument principal est simple : l’initiative creuserait un trou béant dans les caisses de la Confédération. Le milliard et demi concerné fera défaut dans la formation, l’agriculture ou dans les transports publics. Ceux qui soutiennent des finances publiques saines et un financement d’avenir en matière de transports devront glisser un NON dans les urnes le 5 juin prochain.

L’alliance « NON à l’initiative vache à lait » rassemble, à part des Verts, de nombreux partis (PS, PLR, PDC, PVL, PBD, PEV) et d’organisations (UTP/Litra, ATE, USP, Union des villes, Groupement pour les régions de montagne, associations environnementales, syndicats, …). Les principaux arguments ont été présentés aujourd’hui à la presse.

De futures économies dans la formation, les transports publics et l’agriculture
Pour l'alliance, la politique financière va au-devant de grands défis, comme le démontre le programme de stabilité 2017–2019. Si l’initiative devait être acceptée, 700 millions supplémentaires devraient être économisés en 2016 et près d’1,5 milliards en 2017. C’est irréaliste au vu du contexte actuel et dans un délai aussi court.

En outre, l’affectation de l’entier de la taxe sur les huiles minérales au trafic routier, comme le demanderait par l’initiative, serait une non-sens politique. Avec cette logique, l’entier des recettes liées à l’impôt sur l’alcool devrait être redistribué à l’intention des consommateurs d’alcool. La formation, l’agriculture ou les transports publics figureront parmi les dommages collatéraux de l’initiative, les coûts de l’initiative devront bien être supportés par d’autres domaines.

Des solutions intelligentes pour les agglomérations
La politique des transports fonctionne très bien en Suisse. On discute de financement lorsque des projets concrets ont été travaillés. Il est peu sensé d’exiger des milliards, sans en définir au préalable leur attribution future. Il est essentiel que les moyens disponibles soient affectés prioritairement aux goulots d’étranglement.

Daniel Brélaz, conseiller national des Verts est particulièrement bien placé pour savoir comment cela fonctionne, lui qui fut syndic de la ville de Lausanne durant de nombreuses années. « Les agglomérations ont besoin de solutions intelligentes et réfléchies ; exiger simplement plus de routes ne résout aucun problème. » Alors que les agglomérations ne cessent de croître, automobiles, transports publics, vélos et piétons doivent pouvoir cohabiter. L’initiative « vache à lait », en ne se focalisant que sur les automobilistes, n’apporte aucune réponse.

Les automobilistes ne sont pas des « vaches à lait »
L’image de « vaches à lait » collée aux automobilistes est totalement abusive. En comparaison internationale, les automobilistes suisses contribuent peu. Ainsi, la taxe sur les huiles minérales n’a jamais été adaptée depuis 1974 et, aujourd’hui déjà, près de 70% des taxes sont attribuées au transport routier, plus que n’importe où en Europe. Comme l’a déjà décidé le Conseil des Etats, le fonds pour les routes nationales et le trafic d’agglomération (FORTA) accepté par le Conseil des Etats, reprend déjà largement les revendications de l’initiative.

Daniel Brélaz

Conseiller national VD

« Les agglomérations ont besoin de solutions intelligentes et réfléchies ; exiger simplement plus de routes ne résout aucun problème. »