Grands prédateurs en danger

Alors même que l’année 2010 a été déclaré celle de la biodiversité, une majorité des membres de la CEATE vient de faire une brèche dans la protection des grands prédateurs, en parlant de régulation des effectifs et en établissant le droit au dédommagement en cas de pertes substantielles des gains de chasse. Il faut espérer que le Parlement n’avalisera pas cette décision et votera comme le ferait la population, qui s’est toujours prononcée en faveur de la protection du loup et du lynx.

Les loups sont peu nombreux en Suisse et leur population est loin d’être stable. Le lobby de la chasse souhaite pourtant introduire une régulation des effectifs. Des tirs isolés sont aujourd’hui déjà réalité lors de dégâts aux troupeaux. Mais dans ces cas-là, ce sont les animaux maraudeurs qui sont abattus, sans qu’il soit question de réguler une population. Autoriser la régulation équivaut à se plier aux exigences du lobby des chasseurs, qui se prétend à tort défenseur de la biodiversité.

Non aux autorisations de tir sans mesures de protection des troupeaux
La quantification des dégâts est définie dans les plans loup et lynx. Dans le cas du loup, les tirs ne sont autorisés qu’à partir de 25 animaux dévorés. Ce nombre se réduit à 15 si le propriétaire a pris soin de protéger son troupeau. La prévention doit être ici prioritaire. Les Verts demandent donc au Parlement de n’autoriser les tirs que si des mesures de protection du troupeau ont été prises en amont. Le recours à des bergers doit être encouragé chaque fois que cela est possible, dans les autres cas il convient de réfléchir aux conditions d’élevage des animaux de rentes.

Pas de droit au dédommagement en cas de pertes des gains de chasse
La législation suisse ne réglemente pas le droit aux dédommagement en cas de pertes de gains de chasse. La décision de la CEATE porte atteinte à la protection de la faune : à l’article 4 de l’ordonnance sur la chasse, une nouvelle disposition introduit le droit aux dédommagement. Ce qui conduirait inévitablement à accroître la pression sur les populations de grands prédateurs.