Lutter à la source contre les micropolluants

Les Verts défendront cet après-midi la modification de la loi sur la protection des eaux lors du débat au Conseil national, car cette modification assure le financement pour traiter les micropolluants des eaux usées. Mais elle ne propose rien en amont pour réduire les émissions de ces polluants, c’est pourquoi les Verts demandent au Conseil fédéral de présenter des mesures à cet effet.

Les Verts approuvent la modification de la loi sur la protection des eaux soumise au parlement en ouverture de la session de printemps. Les stations d’épuration doivent être équipées pour éliminer les micropolluants issus de médicaments, cosmétiques, biocides et pesticides. Une taxe limitée dans le temps en assurera le financement. Pour Adèle Thorens, rapportrice de la Commission de l'environnement, de l'aménagement du territoire et de l'énergie (CEATE), «il s’agit d’une première étape décisive, mais pas suffisante. Partout où c’est possible, il faut empêcher que ces polluants ne finissent dans l’eau».

La taxe contredit le principe du pollueur-payeur
En fait, la taxe proposée rate le coche sur un point : elle ne touche pas les émetteurs de ces micropolluants. Au contraire, tous les usagers, indépendamment de leur comportement, devront passer à la caisse pour traiter les eaux, en totale contradiction avec le principe du «pollueur-payeur». Les Verts demandent donc au Conseil fédéral de présenter au parlement des propositions concrètes, permettant de réduire les émissions de micropolluants.

Produits nocifs
Ils attendent en particulier des mesures au niveau de la mise sur le marché des produits contenant des micropolluants, ainsi que des mesures incitatives visant les producteurs et les utilisateurs de ces produits. Le Conseil fédéral doit étudier des possibilités de traitement des micropolluants délocalisé, par exemple dans les hôpitaux ou dans l’industrie : cette dernière produit par exemple plus d’un tiers des médicaments détectés dans le lac Léman. Enfin, il est indispensable de lutter contre les eaux polluées qui se déversent directement dans les milieux aquatiques sans passer par les stations d’épuration, que ce soit au niveau du réseau - via les nombreux déversoirs d’orage ou les conduites d’eaux claires - ou à celui des zones agricoles.

Médicaments, hormones, cosmétiques, biocides et pesticides
Pour financer une adaptation ciblée des stations d’épuration, le Conseil fédéral propose de prélever une taxe sur les eaux usées de 8 francs par année et par habitant sur 25 ans. Ces micropolluants, issus de médicaments, hormones, cosmétiques, biocides et surtout pesticides, finissent dans l’eau et portent atteinte au milieu et à la faune aquatiques. Ils ne sont actuellement pas éliminés par nos stations d’épuration.