Transport de déchets radioactifs

Sortir du nucléaire est la seule façon d'arrêter les transports radioactifs

Aujourd'hui, des déchets radioactifs reviennent de l'Usine de retraitement de plutonium (UP) de La Hague (Cotentin) pour aller en Suisse, à Würenlingen (AG), en passant par la gare de Bâle. Les déchets nucléaires sont extrêmement dangereux et leur transport fait courir un risque inadmissible à la population. Et leur stockage final reste un problème irrésolu. Les gouvernements des cantons retenus pour un stockage final sont très critiques à l'encontre d'un stockage en profondeur. Les Verts critiquent les risques auxquels les populations sont exposées et d'une façon plus générale l'opacité qui règne en matière de déchets nucléaires. Il faut cesser de produire des déchets C'est une des raisons pour lesquelles les Verts s'opposent à de nouvelles centrales nucléaires.

L'exportation de déchets radioactifs produits en Suisse est interdite jusqu'en 2016. Ce moratoire a été décidé en 2006 lors de la révision de la Loi fédérale sur l'énergie nucléaire (LENu). Les déchets radioactifs produits avant ce moratoire reviennent peu à peu en Suisse. Il s'agit soit de déchets hautement radioactifs (produits de fission) ou de déchets moyennement radioactifs sous forme de tubes compactés ou d'éléments métalliques provenant des éléments de combustible irradié conditionnés dans des conteneurs en acier. Ces déchets viennent du retraitement à l'étranger du combustible nucléaire irradié dans les centrales suisses.

Le stockage final n'est toujours pas résolu
Le conseiller national argovien Geri Müller considère qu'il est par principe juste que les déchets radioactifs reviennent en Suisse s'ils y ont été produits. « Mais nous devons réaliser que nous très contradictoires en voulant du courant nucléaire, mais pas les déchets qu'il produit. Nous ne connaissons pas non plus de localisation où nous pourrions les stocker pendant un million d'années. Les déchets radioactifs reviennent, mais nous ne savons pas qu'en faire », a-t-il expliqué au point presse des Verts.

Les attitudes contradictoires sont en effet nombreuses, alors que le gouvernement soleurois est favorable à une nouvelle centrale nucléaire à Gösgen, il est critique à l'égard d'un dépôt de déchets faiblement et moyennement radioactifs. Les citoyen-ne-s nidwaldien-ne-s se sont prononcé pour la 4e fois à 74.5 % contre un site de stockage final de déchets radioactifs dans le Wellenberg. Le gouvernement zurichois est favorable à deux nouvelles centrales nucléaires, mais il est contre un stockage en profondeur. Le gouvernement argovien s'oppose au stockage des déchets radioactifs en profondeur en se référant au fardeau déjà important pour le canton.

Un chargement dangereux à travers une région densément peuplée
La conseillère nationale bâloise Anita Lachenmeier souligne que « nous ne pouvons pas assumer la responsabilité de produire des déchets radioactifs qui sont transportés sur de grandes distances pour être retraités et menacent des millions de personnes ».
Le conseiller national vaudois Christian van Singer demande que la population soit correctement informée en matière de déchets radioactifs, que ce soit lorsqu'il s'agit de transports qui traversent des régions densément peuplées, que ce soit lorsqu'on projette de construire des dépôts pour déchets hautement radioactifs à proximité des centrales nucléaires.

Les transports radioactifs font partie de l'industrie nucléaire. Ils ne cesseront que lorsque les centrales nucléaires auront été arrêtées et remplacées par des énergies renouvelables.