Initiative "Sortir du nucléaire": Le Conseil fédéral se décide pour le contre-projet

Un contre-projet à l’initiative «Sortir du nucléaire» doit comporter des échéances

Les Verts regrettent que le Conseil fédéral ait rejeté l’initiative « Sortir du nucléaire », mais ils sont satisfaits qu’il la relie à sa stratégie énergétique 2050. Par contre, il est tout à fait incompréhensible que le Conseil fédéral renonce à définir une durée maximale d’exploitation pour les centrales nucléaires. Or, fixer une durée maximale est la revendication principale de l’initiative. Les organisations environnementales l’exigent également, même l’Inspection fédérale de la sécurité nucléaire (IFSN) demande des durées maximales contraignantes. C’est la seule manière de limiter les risques dus au vieillissement des installations et de garantir des investissements essentiels pour le tournant énergétique.

Afin de réaliser la nouvelle politique énergétique fédérale, la stratégie 2050 prévoit de nombreuses modifications législatives. Même si les Verts acquiescent à la majorité d’entre elles, d’autres ne vont pas assez loin. Cependant, la plus grosse lacune se trouve dans la loi sur l’énergie nucléaire. Certes, la stratégie 2050, comme l’initiative verte, interdit la construction de toute nouvelle centrale, mais elle ne prescrit pas une durée maximale d’exploitation pour les vieilles. Cette politique du laisser-aller est irresponsable : l’arrêt des centrales encore en fonction est comme une patate chaude que chacun essaie de se refiler. En laissant fonctionner des centrales au-delà de ce qui était techniquement prévu au départ, on augmente dangereusement les risques d’accident nucléaire. Définir une durée maximale d’exploitation, comme le demande l’initiative sur la sortie du nucléaire, permettrait en outre de garantir les investissements dans l’efficience énergétique et les énergies renouvelables.

Pour un véritable tournant énergétique
En voulant limiter la consommation, améliorer l’efficience et miser sur les renouvelables, la stratégie énergétique 2050 va, à l’instar de l’initiative verte, dans la bonne direction. Et c’est sans surprise que le Conseil fédéral présente sa stratégie 2050 comme contre-projet indirect à l’initiative sur la sortie du nucléaire.

Mais les mesures avancées par la stratégie fédérale sont insuffisantes et retardent inutilement le tournant énergétique. C’est ce qu’ont démontré l’année passée les Verts dans leur propre stratégie énergétique (lien). Le Conseil fédéral envisage certes de supprimer le plafonnement de la rétribution à prix coûtant du courant injecté (RPC). Mais pour les technologies présentant le plus gros potentiel – le photovoltaïque – il veut maintenir les restrictions.

En outre, il est impératif de réduire la consommation d’énergie et de prendre des mesures pour diminuer le trafic et instaurer une taxe CO2 sur les carburants. Pour les entreprises électriques, le chiffre d’affaires ne doit pas dépendre uniquement de la quantité de courant vendu, comme c’est déjà le cas depuis plusieurs années en Californie. Un Etat qui a réussi à stabiliser sa consommation de courant. Enfin, le projet du Conseil fédéral ne dit rien d’une fiscalité écologique.

Les Verts mettront tout en œuvre pour que la stratégie énergétique 2050 soit améliorée au niveau de l’efficience et des renouvelables et pour qu’elle limite la durée d’exploitation des centrales nucléaires encore en fonction.