La Suisse freine les négociations de Copenhague

Les Verts ont annoncé lors d’une récente conférence de presse ce qu’ils attendaient des négociations sur le climat à Copenhague. Ils sont atterrés par le mandat de négociation adopté par le Conseil fédéral. Celui-ci propose un impôt planétaire sur le CO2, mais il reste en queue de peloton lorsqu’il s’agit de fixer des objectifs de réductions.

Le mandat du Conseil fédéral insiste certes sur la nécessité d’empêcher la température globale de s’élever de plus de 2 degrés par rapport à l’ère pré-industrielle. Toutes les études scientifiques le montrent : il est indispensable que les émissions indigènes diminuent d’au moins 40% d’ici à 2020. Malheureusement, la délégation suisse ne proposera qu’une réduction de 20 % de la quantité de gaz à effet de serre émise sur son territoire lors de la conférence sur le climat à Copenhague. Si d’autres pays s’engageaient à atteindre des objectifs plus ambitieux, la Suisse irait même jusqu’à 30 %. Le Conseil fédéral n’articule pas d’objectifs jusqu’à 2050. Il n’a pas donné de réponse aux Verts, qui exigent que d’ici 2050 la Suisse ait remplacé toutes les sources d’énergie fossiles et il a renoncer a l’élaboration d’un plan d’action « zéro carbone » pour la Suisse. Ainsi l’objectif de 2 degrés reste une formule creuse.

Les Verts sont aussi atterrés par le fait, que le Conseil fédéral n’ai pas saisi l’occasion de rayer définitivement l’énergie nucléaire de l’éventail de mesures propres à réguler les émissions de gaz à effet de serre. Les centrales nucléaires sont loin d’être sans impact sur le climat. Il est de ce fait absurde de les considérer comme un moyen de faire baisser le taux de CO2 dans l’atmosphère. Le nucléaire ne doit en aucun cas avoir sa place dans l’accord post-Kyoto.

Pour une vraie « justice climatique »
Ce sont les pays les plus pauvres qui paient le prix de cette politique : inondations au Bangladesh et l’expansion des déserts dans le Sahel, pour mentionner quelques exemples. Il faut une politique climatique qui prenne le problème à la racine et non des promesses de financement imprécises. Mais avec les objectifs de réduction modestes du Conseil fédéral nous finirons par payer beaucoup plus.

Les Verts approuvent la proposition d'une taxe CO2, qui est basée sur le principe du pollueur-payeur, et qui exempte les pays les plus pauvres. Mais même ici, le Conseil fédéral n'a pas le courage d'aller de l'avant pour donner l'exemple : il faudrait qu’il commence par introduire la taxe CO2 sur les carburants en Suisse.