Après Durban, la Suisse doit prendre ses responsabilités

Bien que les gaz à effet de serre continuent d’être émis dans le monde entier, laissant présager des conséquences graves pour la Suisse et les autres pays, la conférence de Durban sur le climat n’aboutit à aucun accord en prolongation du Protocole de Kyoto. Selon les Verts, cette attitude est irresponsable. Ils critiquent en particulier aussi la Suisse, qui recule en matière de politique climatique internationale.

La nouvelle loi sur le CO2 sera traitée à nouveau au parlement durant la session d’hiver. La disposition portant sur les objectifs n’est pas controversée. Il donne au Conseil fédéral la compétence d’augmenter à 40 % l’objectif de réduction du CO2 dans le cadre d’accords internationaux. Les Verts sont par conséquent déçus que la conseillère fédérale Leuthard recule à présent à Durban. Il y a un an à Cancún, la Suisse avait encore expressément mentionné l’objectif de 30 %.

Avec cette attitude hésitante, la Suisse est en perte de vitesse en matière de protection internationale du climat. Elle pose en outre des conditions à d’autres pays, en particulier aux pays émergents. Faute de quoi, elle ne s’engage dans aucun accord. Les Verts estiment que c’est une mauvaise stratégie. La Suisse, comme pays de montagnes, est particulièrement concernée par le changement climatique. Elle devrait donc avancer avec les pays volontaires plutôt que d’attendre les pays récalcitrants. La Suisse doit ouvrir la voie en politique climatique globale, en adoptant des mesures pour encourager les innovations en matière d’économie verte.

Le problème majeur de la protection du climat reste la question du financement. Il doit être résolu de manière solidaire : les pays riches industrialisés doivent faire un pas décisif en avant et prendre leurs responsabilités. Le Fonds vert pour le climat doit se concrétiser rapidement. Une solution équitable et durable est nécessaire pour doter le fonds. Les Verts proposent entre autres la création d’une taxe internationale sur les transactions financières. Le climat et les marchés financiers pourraient être tous deux stabilisés avec cette mesure et l’économie réelle en serait renforcée.

Les Verts se réjouissent que le Conseil fédéral souhaite jouer un rôle actif dans la mise sur pied de ce Fonds vert pour le climat. Il ne suffit pourtant pas de proposer Genève comme siège du Fonds international pour le climat. La Suisse doit aller de l’avant, indépendamment de l’absence de décision sur le plan international, et adopter une loi sur le CO2 efficace.