Début de la campagne de votatons Non à la libéralisation des heures d'ouvertures des magasins

Ne pas privilégier le trafic d’achat motorisé !

Ensemble avec l’Alliance pour le dimanche les Verts ont lancé aujourd’hui la campagne des votations contre à la libéralisation de la loi sur le travail le 22 septembre. Concrètement, le Parlement vise à introduire la journée de travail de 24 heures dans les shops des stations-service. Les magasins qui ne sont atteignables qu’en voiture seront explicitement avantagés. D’importantes plages de repos et de vie sociale disparaîtraient, avec des conséquences dramatiques pour toutes les autres branches d’activité. Voilà contre quoi proteste les Verts et les autres organisations de l’Alliance pour le dimanche.

La libéralisation des heures d’ouvertures des shops des stations-services privilége des magasins que ne sont atteignables qu’en voiture. Cette préférence ne s’impose pas. « La modification de la loi risque d’entraîner une augmentation de ces échoppes, et corrélativement du trafic consommatoire, durant les heures de repos nocturne, ce que refusent les Verts » rappelle Daniel Vischer, conseiller national vert.

Démanteler la loi sur le travail avec la tactique du salami
Les partisans de la libéralisation à tout crin ont choisi la tactique du salami, afin de mieux démanteler la loi sur le travail, qui protège la santé des travailleurs/euses. Il en résulterait une explosion du travail de nuit et du dimanche. Aussi les organisations affiliées à l’Alliance pour le dimanche ont-elles lancé un référendum, qui a abouti avec plus de 86 000 signatures. «Ce qui nous guette dans les shops des stations-service risque de devenir demain la règle dans le commerce de détail», prévient Vania Alleva, coprésidente d’Unia.

Conditions de travail pénible déjà aujourd’hui
Aujourd’hui déjà, le personnel de vente doit faire face à des salaires très bas, à des horaires de travail fragmentés et au travail sur appel. «Dans ces conditions, le travail devient un fardeau insupportable», rappelle Kurt Regotz, président du syndicat Syna. L’extension des horaires de travail pénaliseraient surtout les femmes, qui représentent presque 70 pourcent du personnel de vente. Liselotte Fueter, coprésidente des Femmes protestantes en Suisse (FPS), rappelle une réalité loin d’être rose: «Cet énorme stress aboutit souvent, chez des femmes déjà confrontées à de multiples charges, à des situations mauvaises pour la santé.» Klaus Stadtmüller, président de la Société suisse de médecine du travail, ne peut que confirmer les atteintes à la santé causées par le travail de nuit notamment: «Des troubles psychiques, pouvant aller jusqu’à la maladie (dépression), se multiplient, tout comme les problèmes digestifs, le manque d’appétit et la tendance à l’hypertension.»

Le commerce de détail n’est d’ailleurs pas seul concerné
Car le projet démantèle la loi sur le travail sur un point essentiel – l’interdiction du travail de nuit et du dimanche. Les employés dans les shops des stations-service ne sont pas les seuls concernés. L'assouplissement des règlementations va très vite s'étendre à tout le commerce de détail et ensuite à d'autres branches. Cette péjoration touchera l’ensemble des salarié-e-s, qui devront se tenir en permanence à disposition de l’employeur. En effet, la flexibilisation constante des horaires de travail menace de précieux moments, jusque-là réservés à la vie sociale. «Cette révision de loi constitue, au fond, une décision de principe. Il s’agit de faire du dimanche une journée ouvrable, consacrée aux achats!», prévient Thomas Wallimann, président de Justice et Paix.

Discours de Daniel Vischer (pdf)