Economiesuisse nie la réalité

Economiesuisse et ses alliés politiques utilisent sans vergogne le prétexte de la crise du franc fort pour accroître la pression sur le tournant énergétique et l’économie verte. L’argumentation d’Economiesuisse, qui prétend vouloir assurer l’attractivité à long terme de la Suisse, est choquante. A l’évidence, ce qu’elle veut garantir, c’est la stagnation à long terme, la conclusion d’alliances commerciales suspectes et le blocage d’innovations que promettent la stratégie énergétique et l’économie verte.

Economiesuisse a encore durci son opposition à une économie moderne respectueuse de l’environnement et ménageant les ressources. Dans sa conférence de presse d’aujourd’hui, l’organisation patronale juge que la stratégie énergétique 2050 et l’économie verte vont nuire à l’attractivité de l’économie locale. Elle refuse de reconnaître que, précisément, ces deux projets sont novateurs, qu’ils garantissent la stabilité et contribuent à éviter les crises. En outre, ces projets permettent de maintenir de nombreuses places de travail dans les entreprises locales. A l’évidence, Economiesuisse veut surtout s’assurer que les quelques grandes entreprises qu’elle représente ne devront pas se soumettre aux décisions politiques en matière de stratégie énergétique et d’économie verte. Le franc fort est un prétexte bon marché et totalement subjectif.
                                                                                          
Etonnant aussi de voir Economiesuisse demander un moratoire sur les investissements en matière d’innovation et de recherche pour l’économie verte et la stratégie énergétique 2050, tout en prétendant en même temps soutenir l’innovation et la recherche. Le tournant énergétique est l’avenir, c’est une réalité. Economiesuisse fait tout pour y échapper. Y contribuer par la coopération et l’innovation apporterait beaucoup plus à la Suisse et à l’économie locale que de fuir ses responsabilités.
 
L’économie verte est innovante et facteur de stabilité
Une économie peu gourmande en ressources est plus résistante aux crises sur le long terme. La nouvelle loi sur la protection de l’environnement va dans le même sens : elle incite à développer des produits différemment et à valoriser les déchets en les utilisant comme matière première. Les entreprises seront soutenues dans leurs efforts pour devenir plus durables. Les technologies ménageant les ressources sont demandées sur le marché international. Elle veut résolument développer les énergies renouvelables et améliorer l’efficience énergétique.
 
TAFTA menace les standards suisses
Les Verts rejettent aussi catégoriquement une participation de la Suisse à l’accord TAFTA. Le partenariat transatlantique sur le commerce et l’investissement entre l’UE et les Etats-Unis menace les standards suisses de protection environnementale et sociale
 
Grâce à leurs initiatives pour une économie verte et pour la sortie du nucléaire, les Verts jouent un rôle-moteur en faveur d’une modernisation écologique. Des entreprises responsables en ont déjà saisi tout le potentiel depuis longtemps. Des associations économiques telles que Swisscleantech, Öbu, Swiss Recycling, mais également les deux géants du commerce de détail, Coop et Migros sont également de la partie. L’organisation faîtière conservatrice Economiesuisse semble quant à elle avoir raté le train de la modernité.

Adèle Thorens

co-présidente des Verts suisses

Economiesuisse veut stopper tout développement. Or, pour affronter la crise, l’économie a au contraire besoin d’innovations vertes et de puissants marchés régionaux. Grâce au tournant énergétique et à l’économie verte, nous serons moins dépendants des importations et plus stables sur le long terme.