Position sur les marchés financiers

Etat des lieux

Les crises à répétition de ces dernières années montrent qu’une régulation stricte et contraignante et des contrôles des marchés financiers sont de toute urgence nécessaires. Les marchés financiers dérégulés aggravent les inégalités et poussent au gaspillage des ressources naturelles. Ils mettent en danger l’économie réelle et le développement de la société. Sous leur forme actuelle, ils n’offrent en aucune manière un fondement solide pour une économie qui réduit les inégalités et qui ménage les ressources. Fortement exagérées, les attentes de rendement ne peuvent pas être réalisées sans dommages à l’environnement et à la société. En particulier la spéculation sur les ressources telles que les denrées alimentaires, l’eau, le sol, mais également sur les cours des devises et les titres financiers créent de graves problèmes. Les conséquences en sont des monnaies anormalement instables, des démantèlements sociaux, des Etats en faillite et une raréfaction des bases élémentaires d’existence.

LES CAUSES DE LA CRISE ACTUELLE
Durant les années 1990, le modèle économique basé sur la valeur actionnariale, la banque d’investissement s’est imposé sur toute la planète. Les politiques de dérégulation et de privatisation menées à l’échelle mondiale n’en sont pas la moindre cause. Dans le même temps, l’informatisation des systèmes bancaires a induit une accélération sans précédent. Tant les avantages fiscaux qui encouragent le surendettement que la titrisation des risques ont permis la prolifération de produits financiers toujours plus opaques et complexes. Un commerce des risques aux ramifications inextricables s’est établi suite à cela. Les marchés financiers libéralisés que nous connaissons aujourd’hui produisent du crédit excédentaire et favorisent les bulles spéculatives, l’inflation et le surendettement. Le capital investi à court terme se multiplie et se concentre dans les mains d’une élite mondialisée. Comme le niveau réel des salaires stagne, l’écart entre pauvres et riches, de même qu’entre les Etats continue de se creuser.
En même temps, avec les salaires souvent excessifs versés dans le secteur de la finance, les représentations habituelles d’un salaire adapté au travail fourni perdent complètement leurs repères. Les investissements dans l’économie réelle, en particulier aussi pour un tournant énergétique rapide et une économie verte perdent en attractivité en comparaison aux placements spéculatifs.

Les Verts militent pour une politique de régulation de la finance axée sur une économie verte, la conservation des emplois et la protection des ressources naturelles. Des règles claires et contraignantes doivent aider à la réforme des marchés financiers et les mettre au service de la société et de l’économie réelle. Les Verts plaident pour une loi bancaire efficace, une banque nationale indépendante et forte, des produits financiers transparents et l’abolition des paradis fiscaux. Les Verts veulent des marchés financiers qui favorisent une économie soucieuse de l’environnement et une responsabilité sociale, avec lesquels les investissements sur plusieurs générations valent à nouveau la peine. Seuls de tels marchés créent les conditions nécessaires à la réorientation des politiques énergétiques, au développement de l’économie verte de même que pour une sécurité sociale.