La spéculation, nuisible à l’économie et à l’agriculture

Le 11 janvier 2016, lors d'une conférence de presse, « l'alliance romande contre la spéculation sur les denrées alimentaires » s’est exprimée sur la menace que fait peser la spéculation sur les denrées alimentaires sur l’économie réelle et l’agriculture. Elle appelé à voter, OUI le 28 février, à l’initiative contre la spéculation sur les denrées alimentaires.

Aujourd'hui, en Suisse, un certain nombre de fonds d'investissements étrangers ainsi que des traders spéculent sur le prix des denrées alimentaires conduisant à une extrême volatilité des prix. En plus de causer la faim et la pauvreté dans le monde, ce marché détestable menace l’économie réelle et l’agriculture.

En parasitant le marché des contrats à terme et en déstabilisants leurs prix, les spéculateurs rendent la couverture de prix impossible pour les agriculteurs et faussent le jeu de l’offre et de la demande. « Ainsi, si des titres sont achetés et vendus toutes les secondes, sans rapport entre l’acheteur du produit financier et les personnes concernées, cela ressemble plus à un casino ou le perdant n’est jamais le joueur.» Déclare Samuel Bendahan, docteur en sciences économiques. Il ajoute : « C’est souvent le producteur qui perd cet argent, ou le consommateur, à travers des prix d’achat trop élevés par rapport aux couts de production. L’initiative ne propose pas d’empêcher les investissements utiles, ou les assurances, mais veut interdire aux gens de s’enrichir sur le dos des plus pauvres. »

A travers le monde, les petites exploitations agricoles sont ravagées par la spéculation qui, en déstabilisant le marché, entraine les paysans et leurs famille dans la misère et la famine. « La Suisse ne peut plus continuer à soutenir des entreprises transnationales qui bâtissent leurs richesses sur la misère de millions de personnes. » explique Ilias Panchard, Co-président des jeunes verts suisse.

Cela a également un impact sur l'agriculture suisse, qui est affectée par les fluctuations de prix. Chaque année, la spéculation ferait perdre à l'agriculture suisse 100 millions de francs. Rudi Berli, agriculteur, déclare : « Pour nous paysans, qui aimons notre métier, qui nous levons tous les matins tôt pour nourrir nos semblables, le fait de savoir que certains s’enrichissent outrageusement sur le dos des producteurs et des consommateurs, nous gêne tout particulièrement. » Il précise : « En tant que gens de la terre, nous sommes souvent éduqués dans le respect de la nourriture et le slogan de la campagne «on ne joue pas avec la nourriture» m’a tout particulièrement touché. »

Le dossier de presse peut être trouvé ici.