Altermondialisme plutôt que libre-échange ou isolement

RÉSOLUTION DES VERTS SUISSES SUR LE COMMERCE ÉQUITABLE

Les Verts veulent conduire la mondialisation sur une voie écologique, sociale et démocratique. La globalisation effrénée à laquelle on assiste, conduite sous la bannière du néolibéralisme, n’a rien de spontané. Elle est le résultat de décisions politiques délibérées qui placent les intérêts des grandes multinationales devant les intérêts des populations, de l’environnement et de l’économie locale.

La large opposition internationale à TTIP, CETA et TISA montre que nombreux sont ceux qui ne sont plus prêts à sacrifier les conquêtes démocratiques, écologiques et sociales sur l’autel du néolibéralisme. Le commerce doit contribuer à résoudre les grands défis du 21e siècle – pauvreté et faim, changement climatique, gaspillage des ressources, pillage écologique, conflits violents et fuite de millions d’êtres humains – et non à les empirer.

En tant que Verts, nous luttons également contre les sirènes populistes qui répondent à la globalisation dévoyée par le nationalisme. Nouvelles frontières et nouvelles barrières, discrimination et repli sur soi sont autant de réponses erronées aux défis du futur. Les Verts veulent une Suisse ouverte et solidaire.

Nous les Verts, nous sommes persuadés qu’il existe une autre voie. Le repli sur soi est une capitulation face à la globalisation et au démantèlement des normes environnementales et sociales.

Notre recette verte, c’est un commerce juste, régi par des normes écologiques et sociales : le commerce équitable. Le commerce globalisé doit faire la différence entre un produit créé selon des normes écologiques et sociales ou non : une banane bio équitable, ce n’est pas une banane produite pour un salaire de misère et avec le recours massif à la chimie.

Les Verts exigent que les accords sur le commerce et les services ne soient pas négociés en secret, mais selon un processus démocratique où les pays du Sud et leurs populations se trouvent sur un pied d’égalité dans les négociations. Nous refusons les accords des seuls pays industrialisés comme TTIP, CETA et TISA, qui sont ensuite imposés aux autres pays.

Les Verts luttent pour que la Suisse assume sa responsabilité en tant que plus grande place financière extraterritoriale du monde et seconde plaque tournante du négoce des matières premières. Une telle influence est assortie d’une responsabilité tout aussi importante. Les Verts réclament des garde-fous aux marchés des capitaux et une autorité de surveillance pour le négoce des matières premières et des denrées alimentaires. Notre initiative pour des aliments équitables demande que les aliments, produits en Suisse ou importés, remplissent des normes environnementales et sociales. Et nous soutenons les objectifs de l’initiative pour des multinationales responsables qui engage les multinationales siégeant en Suisse à respecter les droits environnementaux et humains, y compris à l’étranger.

Depuis des années, les Verts combattent à tous les niveaux les accords iniques de libre-échange et de protection des investissements tels que TTIP, CETA et TISA, globalement et point par point. Quelques exemples : la lutte contre TTIP a été au centre de la dernière campagne électorale européenne des Verts. Les Verts critiquent vigoureusement TTIP et TISA au niveau fédéral. Et grâce à des interventions vertes, les villes de Baden et Zurich ainsi que le canton de Genève se sont déclarés zone hors TISA, et Glaris Nord est devenue la première commune labellisée équitable.

Partager au lieu de dominer, telle est la voie verte. Nous voulons de l’ouverture, de la solidarité et de la démocratie et non du nationalisme, de la surexploitation et des tribunaux arbitraux des multinationales. Commerce équitable au lieu de libre-échange.