Les Verts critiquent le programme d'économies

Chronique d'une débâcle annoncée

Dénotant d’un manque patent de vision stratégique, le Conseil fédéral aura attendu que les difficultés financières prennent de l’ampleur pour que soient examinées les tâches de la Confédération. Ce faisant, il met la charrue avant les bœufs : s’il se montrait à la hauteur de sa tâche, il n’attendrait pas que le feu couve pour mettre en discussion des orientations stratégiques. Les Verts avaient pourtant demandé depuis longtemps qu’il aille différemment.

Le Conseil fédéral présente aujourd’hui une série de propositions de mesures d’économies face aux déficits grandissants qui risquent de marquer les comptes de la Confédération en 2010 et, surtout, à partir de 2011. Les Verts considèrent qu’il s’agit là d’un jeu cynique de la majorité bourgeoise : le groupe parlementaire écologiste n’a eu de cesse de prévenir que les allégements fiscaux accordés au cours des mois passés, la compensation anticipée de la progression à froid ou encore la réforme de la TVA entraînaient un dangereux déficit structurel – aujourd’hui évalué à 1,5 milliards de francs par an à compter de 2011. Or ces montants vont faire défaut pour des tâches urgentes relatives à la protection de l’environnement et à la politique sociale.

De fait, les Verts mettent une nouvelle fois en garde contre les conséquences de cette politique téméraire. Le bon sens commande en effet de ne pas se placer dans une situation précaire pour décider des orientations stratégiques de l’action étatique. Cela a été négligé. Ce faisant, la majorité bourgeoise n’a pas su faire montre d’un comportement responsable.

Le Conseil fédéral avance à reculons en matière de planification financière : il creuse des déficits par le biais de cadeaux fiscaux, puis souligne la nécessité de mesures d’économies sans que celles-ci participent d’une stratégie cohérente et élaborée la tête froide. Or c’est justement l’inverse qui devrait se dérouler. Le manque de vision stratégique du Conseil fédéral est patent, qui propose maintenant un examen des tâches de la Confédération alors que la pression est forte – et qu’il aurait dû y procéder depuis plusieurs années.

Les Verts redoutent que des mesures mal adaptées soient prises qui portent atteinte à des prestations fondamentales en matière de protection de l’environnement et de politique sociale. La façon du Conseil fédéral d’attendre que la pression soit à son plus fort pour que soient prises des décisions aux conséquences potentiellement importantes dénote d’un manque patent de vision stratégique, si ce n’est d’une intention voilée de démanteler des prestations importantes à la faveur de difficultés crées artificiellement.

Les Verts réclament du Conseil fédéral qu’il se montre à la hauteur de sa tâche et sache donner des orientations stratégiques autrement que sous la seule pression des événements.