Comptes fédéraux 2009: une occasion ratée

Le compte 2009 excédentaire de la Confédération montre qu’en 2009, des investissements auraient dû être consentis dans la protection du climat. Le Conseil fédéral a raté cette occasion bien qu’il avait promis de le faire dans le cadre de son plan d’action sur l’énergie. Le Conseil fédéral doit mettre un terme à sa façon hésitante de concevoir des budgets. Par ce seul biais peut être conçue une politique d’investissement écologique et novatrice qui respecte le protocole de Kyoto. Le compte 2009 montre aussi que le frein à l’endettement ne vaut rien. La Confédération a maintenant besoin de nouveaux revenus.

Une fois de plus, le compte annuel de la Confédération se solde par un excédent. Les Verts rappellent qu’au printemps 2008, le Conseil fédéral avait lancé un programme d’action sur l’énergie : 40 millions de francs devaient être budgétés dans le domaine des énergies renouvelables en vue de respecter les exigences du protocole de Kyoto.

Pareils investissements manquaient cependant dans le budget suivant : on tourna sa veste parce que l’UBS devait être sauvée avec un paquet de 68 milliards de francs ! Seuls 5 millions de francs furent grapillés de-ci, de-là par le parlement afin de proposer quelques bouts de ficelles.

Le fait est pourtant que cette façon imprécise qu’a le Conseil fédéral de dresser ses budgets lui donne certes l’air d’avoir fait du bon travail et lui permet de s’en féliciter. Ce faisant, le Conseil fédéral entrave pourtant les innovations car les moyens financiers à disposition ne permettent plus celles-ci. En particulier, il a lui-même précipité dans l’abîme le plan d’action sur l’énergie – bien que la Suisse soit encore loin d’avoir rempli le protocole de Kyoto. Le compte 2009 présenté aujourd’hui montre aussi que le frein à l’endettement ne vaut rien : il n’a jusqu’ici servi qu’à rendre anorexique le ménage fédéral.

Les Verts rappellent en outre qu’un déficit structurel menace contre lequel la Confédération à d’urgence besoin de nouvelles rentrées financières : il faut que soit évité un nouvel exercice d’économies créé artificiellement qui réduirait à néant les forces d’innovation de la Suisse dans le domaine de la protection du climat. La Confédération aurait pu et dû mieux investir dans la protection du climat – également dans le cadre des paquets conjoncturels. Cela doit maintenant être réparé.