Assemblée des délégué-e-s du 20 août 2016 Dernière ligne droite pour l’initiative « économie verte » & lancement d’une discussion verte sur l’Europe

Gonflés à bloc grâce aux excellents résultats du sondage SSR, les délégué e s vert e s ont entamé la dernière ligne droite en vue de la votation sur l’économie verte. Autre point fort : la politique européenne. Suite à l’acceptation de l’initiative UDC contre l’« immigration de masse » et le Brexit, les Verts ne veulent pas laisser l’Europe aux mains des nationalistes, agitateurs, provocateurs ou élites. Le parlementaire vert européen Sven Giegold a montré comment l’UE peut se rapprocher de ses citoyens : outre des réformes sociales et économiques, il lui faut avant tout plus de démocratie directe. Les délégué e s ont en outre adopté une résolution sur la situation des réfugiés au Tessin.

L’initiative pour une économie verte a pour objectif de rendre l’économie durable d’ici 2050. Les premiers sondages montrent que la population entend prendre davantage de responsabilités envers les générations futures : selon l’institut gfs, 61% des sondés approuveraient aujourd’hui l’initiative. C’est la première fois qu’une alliance aussi large, issue des milieux économiques, environnementaux, syndicaux, politiques ainsi que de la protection des consommateurs, soutient un projet vert. « Une décision historique est possible – une décision dont les générations futures nous remercieront » a scandé Adèle Thorens, conseillère nationale VD et co-présidente du comité d’initiative, afin de motiver les délégué e s à se mobiliser ces prochaines semaines.

Ouverture de la discussion sur la politique européenne 
Autre point fort : la politique européenne. La présidente Regula Rytz a établi des parallèles entre les votes sur l’initiative UDC contre l’immigration de masse et Brexit. Elle est convaincue que la fracture sociale entre le haut et le bas, entre les pays pauvres et riches sont du pain béni pour la droite populiste et la xénophobie. « Ce n’est que lorsque nous pourrons surmonter cette fracture que l’Europe sera en mesure de combattre les causes mondiales de l’exode, du réchauffement climatique et de la dégradation progressive des droits humains », a affirmé la présidente dans son discours. C’est pourquoi les Verts mèneront également une discussion sur l’avenir de l’Europe dans le cadre des débats à venir sur le programme des Verts.

Balthasar Glättli, président du groupe parlementaire et membre de la Commission des institutions politiques, a résumé ainsi la position des Verts sur la mise en œuvre de l’initiative de l’UDC dite « contre l’immigration de masse » : « Les Verts rejettent catégoriquement un abandon des Bilatérales. Des réformes politiques en Suisse sont la seule manière de lutter contre le manque de personnel qualifié et la sous-enchère salariale. » C’est pourquoi les Verts veulent s’assurer que la population aura le dernier mot en cas d’un abandon éventuel des Bilatérales.

Sven Giegold, parlementaire européen vert, estime que l’UE ne va pas instaurer de nouvelles règles du jeu, que ce soit pour la Suisse ou pour la Grande-Bretagne. Une réforme des institutions et davantage de justice sociale sont par conséquent nécessaires pour empêcher une dangereuse renationalisation de l’Europe. 

Recommandations de vote : Oui à AVSplus, Non à la LRens
C’est sans surprise que les délégué e s ont adopté leurs recommandations pour la votation du 25 septembre : les quelque 100 délégués présents disent Non à la Loi sur le renseignement (contre 1 Oui et 6 abstentions), Oui à l’initiative AVSplus (contre 2 Non et 6 abstentions) et bien sûr un Oui unanime à l’initiative pour une économie verte.  

Résolution sur la situation des réfugiés au Tessin
Enfin, les délégué e s ont critiqué le conseiller fédéral Ueli Maurer en raison du renvoi ciblé de réfugiés au Tessin. Dans une résolution, ils exigent du Conseil fédéral de respecter le droit d’asile et d’accueillir enfin, comme il l’a promis, un contingent de réfugiés syriens.

Regula Rytz

présidente

 

«Ce n’est que lorsque nous pourrons surmonter la fracture sociale que l’Europe sera en mesure de combattre les causes mondiales de l’exode, du réchauffement climatique et de la dégradation progressive des droits humains.»