Oui à l'initiative "Economie verte"

Objet

Le 25 septembre, les Suisses voteront sur l’initiative populaire « Economie verte ». L’initiative a été lancée en 2011 et déposée en automne 2012. Elle veut réduire l’empreinte écologique de la Suisse d’ici 2050 afin de la rendre supportable pour l’environnement. Le Conseil fédéral lui avait opposé un contre-projet indirect sous la forme d’une révision de la loi sur la protection de l'environnement (LPE), soutenue par une large alliance (dont 25 cantons, Migros & Coop), mais également violemment combattue, notamment par economiesuisse. Le Parlement ayant rejeté de peu le contre-projet en décembre 2015, le comité d’initiative a décidé de maintenir celle-ci. Ce sera donc au tour des citoyennes et citoyens suisses de se prononcer. Ils ne peuvent pas le faire sur le contre-projet, car ce dernier a été rejeté par le Parlement.

Problème : la Suisse agit comme si elle avait 3 planètes à disposition. Malgré ses succès en matière de recyclage, de nombreuses ressources sont gaspillées inutilement. Notre pays est le deuxième producteur de déchets en Europe. L’importation de produits, tels que l’huile de palme, le soja ou le bois, issus de déboisements illégaux détruit l’environnement à l’échelle planétaire. Quelque 70% de la pollution, due la consommation suisse, survient à l’étranger. Les efforts déployés jusqu’ici par les entreprises ne suffisent pas pour léguer à nos enfants et petits-enfants un environnement intact.

Ce que veut l’initiative : l’initiative pour une économie verte entend réduire l’empreinte écologique de la Suisse à 1 Terre. Elle prévoit que le Conseil fédéral pose les jalons pour y parvenir.

L’initiative inscrit pour la première fois dans la Constitution les deux principes d’économie circulaire et d’utilisation durable des ressources, c'est-à-dire l’objectif de recycler, ou mieux de revaloriser les matières premières partout où c’est possible. Elle donne au Conseil fédéral la possibilité d’appliquer plusieurs instruments, par exemple encouragement de la recherche et de l’innovation, incitations fiscales, taxes dissuasives et prescriptions pour les produits. Autres mesures concrètes : normes environnementales minimales pour les produits importés, interdiction de l’importation de bois ou d’huile de palme issus de déforestations illégales, réduction des emballages, mesures contre le gaspillage alimentaire, avantages fiscaux pour les entreprises agissant dans le respect de l’environnement. Et : « réduire, réutiliser, recycler » : réduire les déchets, améliorer le recyclage, utiliser plus efficacement les ressources, encourager la durabilité et la qualité des produits et leur donner la préférence.

Le Conseil fédéral reconnaît la nécessité d’agir. Son contre-projet reprenait les revendications de l’initiative, mais il a été rejeté par le Parlement. L’initiative est soutenue par les organisations environnementales, l’association économique Swisscleantech ainsi que par les Jeunes Verts, le PS, les Vert’libéraux et la Jeunesse socialiste. Les Verts coordonnent les différentes campagnes.

 

les trois principaux arguments verts

L’initiative pour une économie verte veut réduire la consommation des ressources jusqu’à 2050 afin de la rendre supportable pour l’environnement. La science le montre : l’objectif est réaliste. C’est aussi pourquoi il est également suivi par d’autres pays et des entreprises progressistes.

1. POUR L’ENVIRONNEMENT : production locale sans destruction globale

L’extraction des matières premières est aujourd’hui responsable de la majeure partie de la destruction de l’environnement. L’initiative demande des standards minimaux pour les produits importés, ce qui permet de protéger l’environnement et d’encourager la production écologique en Suisse. Un exemple : du bois suisse au lieu de la destruction des forêts tropicales.

2. POUR L’ÉCONOMIE : créer des emplois pour ne pas louper le coche

La Suisse a longtemps été pionnière en matière de recyclage et de protection de l’environnement. Désormais les autres pays nous dépassent. L’initiative encourage l’innovation, donne de nouvelles impulsions pour agir dans le respect de l’environnement, assure des emplois régionaux et renforce ainsi l’économie suisse.

3. POUR LES CONSOMMATEURS : des produits durables contre le tout-jetable

Importations bradées et produits de mauvaise qualité favorisent le tout-jetable. L’initiative profite aux consommatrices et consommateurs car elle leur offre des produits ayant une durée de vie plus longue, mieux réparables et mieux recyclables.