Initiative sur les salaires minimums

Oui à l'initiative sur les salaires minimums

Contenu
Cette initiative populaire demande à la Confédération et aux cantons de fixer un salaire minimum légal de 22 francs l’heure (soit 4'000 francs par mois pour une semaine de 42 heures). Elle viendrait compléter l’initiative contre les rémunérations abusives afin d’améliorer la justice sociale en la Suisse.
 

Lancée par les syndicats, cette initiative est soutenue par les Verts dès la récolte de signatures (feuilles au logo des Verts, forte participation aux journées de collecte). Le Conseil fédéral et le Parlement recommandent le rejet de cette initiative sans lui opposer de contre-projet.

Luc Recordon, Conseiller aux Etats VD
«Des standards minimaux sont … un strict minimum pour lutter contre la sous-enchère salariale. L’outil adéquat est de les inscrire dans les conventions collectives de travail et de rendre ces convention obligatoires.»

Arguments pour un OUI à l'initiative sur les salaires minimums

Pour vivre des fruits de son travail
Chacun et chacune doit pouvoir vivre des fruits de son travail. Des salaires minimums permettraient aux salariés de vivre décemment et en toute autonomie. Leur indépendance financière allègerait également le budget de l’Etat. En effet, l’aide sociale, les subventions au logement et aux assurances-maladie sont autant de subventions déguisées et injustifiables aux entreprises qui, en pratiquant de bas salaires, n’assument pas leur responsabilité sociale.
 

Aujourd’hui, la moitié de l’économie suisse ne bénéficie pas de conventions collectives de travail (CCT) et un-e salarié-e sur dix gagne moins de 4'000 francs par mois, dont une large majorité de femmes. Dans un pays aussi riche que la Suisse, ces statistiques font froid dans le dos. En acceptant cette initiative, ces salariés pourraient vivre en toute dignité.

 

Les femmes profiteront particulièrement d'un salaire minimum
En Suisse, les femmes sont fortement touchées par les bas salaires. La principale raison est la discrimination salariale dont elles sont victimes. Avec un salaire minimum de 22 francs de l’heure, plus de 220 000 femmes verraient leur salaire augmenter, de quoi faire progresser notablement la lutte contre les inégalités salariales entre femmes et hommes.

Le salaire minimum, une chance pour notre pays
Le 9 février dernier, le peuple suisse a décidé, à une courte majorité, de remettre en cause la libre circulation avec l’Union européenne (UE). Le Conseil fédéral va devoir négocier âprement avec l’UE. Mais ces négociations ne devront pas se faire au détriment de la lutte contre la sous-enchère salariale. La pression sur les salaires restera malheureusement un sujet d’actualité, avec ou sans accords bilatéraux.


L’Etat doit agir aussi car le goût du travail, le sens de l'engagement et la fiabilité des salariés sont de véritables atouts pour nos entreprises qui en auront besoin dans la nouvelle configuration de nos relations avec l’UE. Et fixer un salaire minimum, c’est simplement reconnaître la valeur du travail effectué. Ainsi, cette initiative n’affaiblit pas le partenariat social mais, au contraire, le renforce.

Des mesures réalistes et applicables
Les bas salaires sont l’apanage des services de proximité tels que l’agriculture, l’hôtellerie et la restauration, la coiffure, etc. Les menaces de délocalisation brandies par les opposants ne sont donc pas pertinentes. Cette initiative populaire propose des mesures réalistes qui ont déjà fait leurs émules : les cantons du Jura et de Neuchâtel ont accepté une initiative cantonale similaire.