«Financer l'avortement est une affaire privée»

Non à l'initiative populaire «Financer l'avortement est une affaire privée»

Objet

En 2002, la solution des délais a été acceptée par 72% des votants. L’interruption de grossesse n’est pas punissable si elle est pratiquée dans les douze premières semaines de grossesse. La décision relève de la responsabilité de la femme concernée.


L’initiative « Financer l'avortement est une affaire privée - Alléger l'assurance-maladie en radiant les coûts de l'interruption de grossesse de l'assurance de base » porte atteinte à cette conquête essentielle : elle exige d’éliminer le financement de l’avortement du catalogue de prestations de l’assurance-maladie obligatoire, le but étant de maîtriser la courbe ascendante des coûts de la santé. Le potentiel d’économie est cependant minime : selon Santésuisse, il se monte à environ 0,04% sur une facture totale de 24 milliards de francs (source en all.)


Il va de soi que les auteurs de cette initiative, issus majoritairement des milieux chrétiens conservateurs, visent d’autres objectifs : supprimer la solution des délais et, si possible, interdire à nouveau l’avortement.

Francine John-Calame, Conseillère nationale NE
"Je vote NON à l’initiative, parce que les femmes qui avortent ne prennent pas cette décision à la légère. Il est normal qu’elles aient accès à des soins de qualité remboursés par l’assurance maladie de base."

Arguments-clés des Verts

Maintenir une solution qui a fait ses preuves
En 2002, une large majorité de la population suisse s’est prononcée en faveur de la solution des délais. Une femme doit pouvoir interrompre sa grossesse dans les douze premières semaines sans être punissable et prendre, seule, cette décision difficile. Contrairement à ce que craignaient les opposants, le nombre d’interruptions de grossesse n’a pas explosé depuis 2002, mais il est resté stable à environ 10'000 : c’est un des taux les plus bas d’Europe. Cette solution éprouvée doit perdurer.


Contre la discrimination des femmes
La couverture de l’interruption de grossesse par l’assurance-maladie de base garantit que toutes les femmes puissent décider d’avorter, indépendamment de leur situation financière. En privatisant les coûts, comme l’exige l’initiative, on pénalise les femmes défavorisées ou de conditions modestes. Concrètement, cette discrimination peut souvent mettre en péril la santé de la femme concernée, si elle avorte dans les conditions précaires de l’illégalité.

 

Les hommes ont aussi leur responsabilité
Les femmes ne sont pas seules à être responsables d’une grossesse non désirée. Les hommes doivent aussi assumer leur part de responsabilité. C’est pourquoi une répartition des coûts entre hommes et femmes se justifie, ce dont tient compte le mécanisme de l’assurance de base.