Oui à l'initiative « Pour la souveraineté alimentaire »

Le syndicat paysan uniterre a déposé l’initiative « Pour la souveraineté alimentaire. L’agriculture nous concerne toutes et tous » en mars 2016. L’initiative veut inscrire une stratégie agro-alimentaire globale dans la Constitution : des conditions de production au marché en passant par les aspects sociaux et le commerce international.

L’initiative « Pour la souveraineté alimentaire » reprend de nombreuses revendications Vertes en matière de politique agricole et recoupe donc notre propre initiative. Mais celle d’uniterre va plus loin en proposant un autre paradigme agricole : au lieu d’utiliser toujours plus de machines, employer la main d’œuvre pour produire des aliments. Au lieu d’agir contre la nature, s’associer à elle et à sa diversité. Au lieu de supermarchés anonymes, encourager le contact direct entre les personnes qui produisent et celles qui consomment.

Arguments-clés des Verts

  • pour une agriculture durable : L’initiative défend des revendications essentielles pour une agriculture durable. Elle mise sur la préservation des ressources et des prix équitables pour les agricultrices et agriculteurs au lieu de la sous-enchère socio-écologique. Elle reconnaît l’apport culturel et social d’une agriculture paysanne diversifiée et entend renforcer les structures régionales de production et de consommation des aliments. Elle reprend en outre des éléments-clés des initiatives Vertes : commerce international équitable, ainsi que protection des terres arables (initiative contre le mitage).
  • diversité paysanne loin des monocultures industrielles :  L’initiative veut renforcer une agriculture paysanne, permettant à toute personne qui y travaille de gagner décemment sa vie. Il faut mettre fin à la mutation structurelle : la législation ne doit discriminer aucun type d’entreprise, p.ex. en raison de sa grandeur. Conservation, multiplication et échange des semences paysannes est une tradition garantissant la biodiversité. Il s’agit de protéger ce droit inaliénable face aux entreprises semencières et agrochimiques. En fait partie, l’interdiction des OGM (organismes génétiquement modifiés).
  • l’agriculture nous concerne tou-te-s : Difficile de trouver un domaine où les idées sont aussi déconnectées de la réalité que celui de l’agriculture. Les débats publics sont truffés d’images idylliques ou de préjugés, comme celui d’une agriculture freinant le bien-être économique. Autant de non-sens ! Il convient d’engager un dialogue pour jouer cartes sur table. L’initiative veut lancer ce dialogue entre toutes les parties prenantes, au lieu de laisser aux grands distributeurs et à leur pouvoir commercial le soin de définir que produire ou consommer et comment. L’agriculture locale est assurée par des agricultrices et agriculteurs, leur personnel, qui s’engagent ensemble pour les consommatrices et consommateurs. Intégrant toutes les parties prenantes, ce processus va bien au-delà de la simple question de la qualité, à l’exemple de la vente directe ou l’agriculture contractuelle.