Communiqués
Etat fouineur? Non merci!
Le responsable fédéral actuel de la protection de l’Etat ne peut conserver son poste. Son avant-projet d’Etat fouineur et ficheur foule aux pieds les bases de l’Etat de droit ; il ouvre la porte à une surveillance généralisée, sans même un soupçon de comportement pénalement répréhensible et sans critères clairs. Une telle surveillance échapperait en outre à tout contrôle. Profitant de l’inquiétude actuelle provoquée par les attentats terroristes, von Däniken tente manifestement de s’engouffrer dans cette brèche et de créer un climat propice à l’instauration d’un nouvel Etat ficheur. Les nombreuses protestations soulevées par son avant-projet montrent qu’en Suisse une grande majorité en a assez de ces pratiques.
Il y a un an déjà, la publication du « rapport sur l’extrémisme » avait indiqué que le fichage avait repris à une large échelle, mais aussi que la protection de l’Etat était conçue comme une machine de guerre idéologique dirigée en priorité contre les milieux de gauche. Le refus du Conseil national en mars 2005 d’approfondir ce rapport et ces bases a été une occasion manquée de s’opposer à ces méthodes.
Une personne telle que von Däniken, qui veut enterrer l’Etat de droit sans fleurs ni couronnes, est tout à fait inappropriée et désormais inacceptable à une position-clé de la protection de l’Etat ; cette fonction a besoin d’un titulaire doué d’une sensibilité particulière pour les questions de l’Etat de droit. Le responsable actuel au contraire n’hésite pas à jeter le discrédit sur le respect des libertés. C’est pourquoi les Verts réclament son retrait immédiat.
Les Verts récusent l’activisme résurgent suscité par le discours sur le terrorisme. La situation ne nécessite ni de nouvelles dispositions pénales ni d’articles policiers d’exception. Les autorités compétentes en matière de police et de protection de l’Etat disposent, en cas de soupçon concret d’un délit, de suffisamment de moyens pour agir vite et de manière ciblée.
Les Verts défendent l’Etat de droit et les droits humains, notamment la protection de la personnalité, celle des données et le droit à une libre expression sans entraves, en tant qu’éléments constitutifs du pays. Ils veulent que le droit des personnes fichées de consulter leur dossier soit concrètement garanti. En outre, les commissions de gestion des Chambres fédérales sont invitées à prendre en main sans délai la vérification des fiches existantes, dont la discussion sur le « rapport sur l’extrémisme » a révélé l’ampleur, et à faire cesser l’activité de fichage.

