Communiqués

15.05.2009

Le Groupe de Verts sur l'accord de libre-échange AELE-Colombie

La prise en compte des normes environnementales et sociales ainsi que le respect des droits de l'homme est du point de vue des Verts une condition fondamentale du libre échange. Ces conditions ne sont pas respectées en Colombie. Outre la surexploitation des ressources naturelles, la Colombie est le theatre de graves et systématiques violations des droits de l'homme. La ratification de l'accord de libre-échange AELE - Colombie par la Suisse est donc à ce stade est inacceptable.

 

En 2005 on a compté 70 représentants syndicaux assassinés. Les journalistes critiques sont soumis à des menaces et les conditions de vie de nombreuses personnes sont marquées par l'exploitation, la malnutrition et le manque de services publics. Les populations indigènes et la minorité afro-colombienne sont toujours sujettes aux violations des droits de l'homme. De plus, les ressources naturelles de la Colombie sont exploitées sans ménagement: il existe une législation qui permet l'extraction de minéraux dans un parc naturel et une loi sur les forêts qui permet une totale dévastation.

 

Pour les Verts, il est clair: les intérêts de l’économie extérieure ne doivent pas passer devant la défense de l'environnement et des droits de l'homme. Les entreprises suisses sont fortement engagées en Colombie et ont investi plus d'un milliard de francs. Mais aussi au sein des entreprises suisses en Colombie, comme Nestlé ou Glencore, ont été proférées des menaces de mort contre des représentants syndicaux.

 

L’article 54, al. 2, de la Constitution fédérale fixe le respect des droits de l'homme comme l'un des cinq principaux objectifs de la politique extérieure suisse. En outre, la Confédération finance et entretient des programmes concrets pour promouvoir les droits de l'homme. Le lien entre la violation des droits de l'homme et la politique économique suivie par le gouvernement colombien se reflète dans l'intensité de l’impitoyable exploitation des ressources naturelles et dans la production d'agrocarburants. Malgré cela, la Suisse est prête à ratifier l'accord de libre-échange avec la Colombie, qui – à l’exception d'une formulation dans le préambule – ne dit pas un mot sur les questions sociales, environnementales ou sur les droits de l'homme.

 

Le groupe des Verts rejette cette proposition. Tant que les intérêts économiques ne s'accompagnent pas du développement, du respect de l'environnement et des droits de l'homme, les Verts s’opposeront à la ratification de l'accord avec la Colombie. Comme au printemps, lorsqu’ils ne sont pas rentrés en matière sur l'accord de double imposition avec le même pays.