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Catastrophe écologique programmée en Turquie
Au terme d’un délai de soixante jours fixé par les pays partenaires, la Turquie n’a montré aucune volonté d’améliorer son projet de barrage d’Illisu afin d’assurer le respect des populations locales et des normes internationales en matière d’environnement. Les Verts exigent que la Suisse se retire immédiatement de ce projet. Continuer à garantir le risque à l’exportation pour les entrepreneurs suisses impliqués, comme l’entend la conseillère fédérale Leuthard, c’est aller à l’encontre d’une politique économique responsable et se rendant complice d’une catastrophe humaine et écologique programmée.
La Turquie avait jusqu’au 12 décembre pour montrer qu’elle entend se plier à ses obligations en matière d’environnement et de respect des droits humains lors de l’édification du barrage d’Illisu. L’Autriche, l’Allemagne et la Suisse, les trois pays qui participent projet, lui avaient donné un délai de soixante jours pour remplir un certain nombre de conditions en la matière. Mais la Turquie ne manifeste pas la moindre intention d’en tenir compte. Les populations kurdes qui vivent dans la région n’ont reçu aucune information dans leur langue. Les membres de la société civile qui ont tenté de s’opposer ont été arrêtés par l’armée. Au mépris des accords pris avec ses partenaires internationaux, la Turquie a déjà démarré les travaux de construction.
Interpelée lundi dernier par la conseillère nationale verte Marlies Bänziger, la conseillère fédérale Doris Leuthard a affirmé que l’assurance suisse contre les risques à l'exportation (SERV) allait analyser le dossier afin de décider s’il y avait lieu pour la Suisse de se retirer du projet. Les Verts sont cependant d’avis qu’il revient à la conseillère fédérale d’annoncer immédiatement le désengagement de la Confédération. Ce n’est pas faire preuve d’un grand sens des responsabilités que de s’en remettre à une instance subalterne pour une décision d’une telle portée diplomatique.
On peut lire à l’article 28 de l’Ordonnance fédérale sur l’assurance suisse contre les risques à l’exportation (ASRE) qu’ « en informant en temps utile le DFE, le conseil d’administration de l’ASRE permet au Conseil fédéral de donner des directives quant à l’assurance d’opérations d’exportations particulièrement importantes. Les opérations d’exportation ayant des conséquences importantes sur le plan social, écologique et sur le plan du développement ou d’autres aspects de politique extérieure sont réputées particulièrement importantes ». Le projet de barrage d’Illisu fait clairement partie de cette catégorie.
Le ministre des affaires étrangères autrichien, Michael Spindelegger, a déjà annoncé la semaine dernière que l’Autriche comptait se retirer du projet. La banque de contrôle autrichienne (OeKB) a confirmé que la Turquie ne remplissait pas les conditions nécessaires à une collaboration entre les deux pays. Les Verts en attendent désormais autant de Madame Leuthard.
