Communiqués

29.11.2005

Afrique du Sud: une prise de position s'impose

Le groupe des Verts prie instamment le Conseil fédéral de se prononcer quant aux conclusions du programme national de recherche 42+ „Suisse – Afrique du Sud“. Les Conseillers fédéraux Christoph Blocher et Hans-Rudolph Merz doivent, quant à eux, se récuser dans cette affaire et faire la lumière sur les relations qu’ils entretenaient avec l’Afrique du Sud de l’apartheid.

 

Le programme national de recherche 42+ a publié son rapport final ainsi que plusieurs études. Ce programme de recherche avait pour objectif de faire la lumière sur les relations politico-économiques entre la Suisse et l’Afrique du Sud au temps de l’apartheid. Les résultats de ces recherches sont maintenant connus – tout particulièrement en ce qui concerne la politique suisse. De nouvelles découvertes importantes démontrent que certains agissements de la Suisse étaient contraires au droit international public. Certains faits, en rapport avec le plafond pour l’exportation de capitaux, les exportations de matériel de guerre et les activités des services de renseignement, soulèvent de sérieuses questions sur l’état de la démocratie en Suisse. De ce point de vue, il est incompréhensible que, le jour même de la publication du rapport final, le Conseil fédéral ait annoncé qu’il ne prendrait pas position sur ce rapport.

Un manque de transparence flagrant a caractérisé la politique suisse dans ses relations avec le régime de l’apartheid. Les recherches du PNR42+ l’ont démontré : durant toutes ces années, secrets, démentis et demi vérités ont permis de tenir à l’écart le Parlement, la population suisse et l’opinion publique internationale. Le Conseil fédéral ne doit pas continuer sur cette voie. Le groupe des Verts lui demande donc de prendre clairement position sur le rapport final du PNR42+ et d’exposer comment il pense garantir la transparence sur les agissements de l’administration fédérale dans les questions politiques controversée afin que le Parlement et l’opinion publique soient informés correctement ?

Le groupe des Verts déposera plusieurs interventions relatives aux résultats du PNR42+ (suppression du délai de protection des archives, ouverture des archives privées aux chercheurs, collaboration économique).

Il ressort des études du PNR42+ que les services secrets sud-africains savaient apprécier la position du „groupe de travail Afrique du Sud“, dont le Conseiller fédéral Christophe Blocher était le président dans les années quatre-vingts. Cette constatation requière une clarification du rôle de M. Blocher, clarification d’autant plus importante que les services secrets sud-africains ont aussi espionné des citoyennes et citoyens suisses qui s’engageaient contre l’apartheid.

Ems-Patvag, un domaine d’activité de l’entreprise Ems-Chemie Holding de Christoph Blocher, a livré au régime de l’apartheid des détonateurs sous la dénomination „produits de série anonymes » ainsi que des licences de production. La loi lacunaire sur le matériel de guerre n’a certes pas été directement transgressée, mais c’est une infraction manifeste au droit onusien.

Dans les années quatre-vingts, le Conseiller fédéral Rudolf Merz a travaillé en tant que conseiller économique en Afrique du Sud pour plusieurs entreprises dont on ne connaît pas le nom. Plus tard, il a présidé la fondation Annova, qui appartient à l’empire Schmidheiny. Là, il a eu pour tâche de trouver une solution au problème des victimes de l’amiante sud-africaines. Les questions ouvertes concernant son passé « sud-africain », et qui ont fait obstacle à son élection à la présidence du PRD en 2002, sont restées jusqu’à aujourd’hui sans réponse.

Le groupe des Verts demande non seulement une clarification du rôle des deux Conseillers fédéraux Blocher et Merz dans les relations Suisse-Afrique du Sud, mais également qu’ils se récusent lorsque le Conseil fédéral délibérera du rapport final du PNR42+.