Communiqués
Nous sommes la Suisse!
Discours de Ueli Leuenberger, vice-président des Verts suisses et conseiller national lors de la manifestation contre la xénophobie du 18 juin 2005
C’EST NOUS LA SUISSE – Manif du 18 juin 2005 à Berne
Ueli Leuenberger, Conseiller national (GE) vice-président des Verts
Je suis heureux de nous voir nombreuses et nombreux, aujourd’hui, ici à Berne. Un gros travail nous attend, chers amis et amies.
Les connaissances lacunaires sur les phénomènes de migrations et la réalité des migrantes et migrants en Suisse - aussi bien dans la population en général que dans les milieux politiques - travaillent contre nous et alimentent les courants xénophobes.
Ces connaissances lacunaires s'expliquent en partie par l'insuffisance de l'information relative à l'asile et l'immigration mais également par la force de nuisance considérable de Blocher et les autres dirigeants de l’UDC.
Mais ce qui m’inquiète finalement bien davantage, c’est le "suivisme" du Parti radical et du Parti démocrate chrétien, lesquels concluent des alliances néfastes au sein du Parlement. Ces deux partis ont, à plusieurs reprises, soutenu des propositions de l'UDC. Parfois même, au prétexte de couper l'herbe sous le pied de l'UDC, ils ont été plus loin que cette dernière et ont proposé des modifications encore plus dures.
La nouvelle loi sur les étrangers et la nouvelle loi sur l’asile, sont des lois qui stigmatisent et qui excluent des catégories importantes de notre population.
Ich glaube leider nicht daran, dass sich die christlich-demokratischen Parlamentarier auf das christliche Gedankengut besinnen werden und nach diesen Grundsätzen stimmen werden. Ich glaube leider auch nicht daran, dass die freisinnigen Parlamentarier sich auf die Grundgedanken des Freisinns besinnen werden und gemäss diesen Grundsätzen stimmen werden. Wenn das nämlich so wäre, hätten diese unrühmlichen, diskriminierenden Gesetze keine Chance im Parlament und keine Chance in unserem Lande.
Ich rufe die bürgerlichen Wählerinnen und Wähler auf, gegen diese Politik ihrer Parteien zu protestieren.
Il faut s’opposer à la Loi sur les étrangers (LEtr) parce qu’elle viole des principes constitutionnels. C’est une lapalissade de le dire : est étrangère, toute personne qui n’est pas Suisse. Selon la nouvelle loi est étranger celui qui n’est pas ressortissant de l’Union européenne ou de l’AELE. Cela viole le principe constitutionnel d’égalité de traitement, défini par l’article 8 de notre constitution. La Commission fédérale contre le racisme a d’ailleurs pris clairement position contre ce système, de même que le Canton de Genève dont je suis fier d’être élu.
Le fait d’accepter à l’avenir uniquement des personnes qualifiées hors-européennes viole également le principe de non-discrimination fixé dans notre Constitution.
Je dénonce ici également le fait qu’aucune solution n'est prévue pour mettre fin à une des injustices et une des hypocrisies les plus criantes : celle des femmes et hommes qui vivent et travaillent chez nous sans obtenir d'autorisation de travail et de séjour. Les Sans-papiers ont besoin de tout notre soutien et d’une mobilisation particulière pour leur régularisation.
Les démarches du canton de Genève pour régulariser 5000 Sans-papiers vont dans la bonne direction mais ne sont évidement qu’un premier pas.
La énième révision de la loi sur l’asile n'apporte que de mauvais traitements supplémentaires pour de nombreuses personnes qui auraient besoin de notre protection. Certaines mesures de cette loi porte atteinte à nos lois, à notre constitution et à la dignité humaine en général. Je pense notamment à l'exigence de présenter un passeport ou une carte d'identité pour que les motifs d'asile de la personne requérante soient pris en considération. Je pense à la suppression de l'aide sociale pour les personnes déboutées en phase de renvoi alors que l'on connaît dans quelles conditions humiliantes est actuellement octroyée l'aide d'urgence pour les NEM. Je pense enfin aux nouvelles conditions pour permettre le renvoi: on ne parle plus de "menace concrète contre l'étranger" mais de "mise en danger de la vie", ce qui permet le renvoi de la majorité des femmes seules avec enfants ou des malades alors que ces personnes sont aujourd'hui mises au bénéfice d'une admission provisoire.
Nous vivons dans un pays où, à certains égards, l'on traite mieux les animaux que les êtres humains. J'évoquerai ici deux exemples donnés par nos amis du bulletin Vivre Ensemble:
- l'utilisation d'armes à électrochoc contre des requérants d'asile figure dans le projet de loi sur l'usage de la contrainte par la police alors que cette utilisation est interdite contre du bétail;
- dans les cellules de certains centres administratifs de détention, on dénombre 22 détenus alors que s'il s'agissait de chimpanzés de laboratoire l'hébergement de seulement 10 animaux serait autorisé.
La loi sur l’asile et la loi sur les étrangers doivent être combattues par le référendum. Nous devons créer le front uni le plus large possible avec toutes celles et ceux qui refusent la dérive xénophobe et cela indépendamment de leur appartenance politique
« C’est nous la Suisse ».- c’est le thème qui nous réunit aujourd’hui. L’humoriste français d’origine maghrébine, Jamel Debouse, questionné sur ses origines dans un interview sur une chaîne française, a répondu à la question de ses origines : « je suis d’ici ». Pour préciser par la suite que « nous sommes tous des « iciciens ».
J’aimerais conclure avec cette idée : oui nous sommes toutes et tous des « iciciennes » et des « iciciens ». Et parce que nous vivons toutes et tous ici ensemble dans ce pays, nous voulons stopper la dérive xénophobe. Pour cette raison, nous nous engageons pour une Suisse ouverte et solidaire !
