Communiqués
Les ministres de l'OMC à Davos
Mainmise des multinationales sur la politique commerciale internationale grâce à la Suisse.
Les Verts critiquent la rencontre informelle des ministres de l’économie à Davos planifiée pour demain vendredi. En invitant les ministres présents au WEF, Joseph Deiss laisse la compétence au WEF, donc aux 1000 plus grands groupes industriels de la planète, le soin de décider qui prendra part à cette réunion informelle de l’OMC. En effet, seuls les ministres du commerce et de l’économie présents au WEF peuvent y participer. La politique commerciale internationale n’a jamais été aussi ouvertement dépendante des multinationales. Et ceci nous le devons à la Suisse !
Le conseiller fédéral Joseph Deiss a invité les ministres du commerce et de l’économie présents au WEF à participer à une réunion informelle de l’OMC qui se déroulera demain vendredi à Davos. Selon le DFE, le conseiller fédéral profite de la présence des ministres pour faire une appréciation de la situation après les négociations de Genève et pour préparer la réunion de l’OMC planifiée pour fin 2005 à Hong Kong .
Les Verts critiquent fermement ce procédé. Convier exclusivement les ministres présents à Davos, donc seulement ceux que les organisateurs du WEF ont invité, est tout sauf correct. Que fait-on des autres membres de l’OMC, plus de 100, dont les ministres n’ont pas l’honneur de participer au WEF ? L’opportunisme de la Suisse officielle foule aux pieds les principes démocratiques régissant les institutions internationales. De plus, on veut nous faire croire que la réunion est informelle et que les trente ministres présents à Davos sont représentatifs des différentes sensibilités rencontrées au sein de l’OMC1. Comme la liste des participants au WEF n’est pas publique, cette affirmation ne peut être vérifiée.
En agissant de la sorte, la Suisse accroît l’influence unilatérale des multinationales sur la politique commerciale internationale. C’est inacceptable! Le WEF n’est pas habilité à déterminer quels sont les pays autorisés ou non à modeler cette politique. Il est, et doit rester, une réunion des 1000 plus grandes multinationales. De plus, le mandat suisse au sein de l’OMC n’est pas de représenter exclusivement les intérêts de l’économie. Pourtant ce sera implicitement le cas car en organisant cette réunion, M. Deiss a accordé la reconnaissance politique de la Suisse officielle au lobby économique de Davos.
Les Verts entendent demander des explications à notre ministre de l’économie. Pour la session de printemps, nous attendons quelques éclaircissements : quel est le mandat du conseiller fédéral pour cette réunion informelle de l’OMC ? cette réunion est-elle conforme au mandat de négociation de la Suisse? En outre, il faudra déterminer quelle responsabilité porte la Suisse à l’égard des membres de l’OMC non représentés à Davos et si les ministres de l’économie absents du WEF ont été informés assez tôt de cette séance informelle.

