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Débat urgent sur la souveraineté alimentaire demandé
Les Verts demandent un débat parlementaire urgent sur la sécurité alimentaire, englobant à la fois les aspects de politique énergétique (agrocarburants), d’aide alimentaire et de politique extérieure de la Suisse. Le Fonds spécial pour la sécurité alimentaire a besoin de 700 millions supplémentaires pour lutter contre la faim suite à la flambée des prix des denrées alimentaires. La Suisse, siège de nombreuses multinationales agroalimentaires, et donc aussi bénéficiaire de cette hausse des prix, se doit de financer ce montant afin d’atténuer cette immense souffrance. Ce montant peut par exemple être épargné sur le programme d’armement 2008.
De nombreuses vies peuvent être sauvées si des solutions sont rapidement trouvées pour faire face à cette catastrophe alimentaire. De plus, un changement de cap doit intervenir dans la politique économique afin que l’on ne puisse pas jouer la lutte contre la faim contre les efforts de maîtrise des dérèglements climatiques et le business agroalimentaire contre la paysannerie de proximité. Dans ce contexte, les Verts demandent pour la session d’été un débat parlementaire urgent sur la sécurité alimentaire. Nous nous joignons également aux Verts européens pour demander l’introduction, sur le modèle de l’étude d’impact sur l’environnement, d’une étude d’impact sur la sécurité alimentaire pour les politiques agricole, énergétique et commerciale.
Cette catastrophe alimentaire témoigne bien de l’impact négatif du système économique néolibéral qui, non seulement, amplifie les problèmes climatiques et les conflits liés à l’accès aux matières premières, mais exacerbe aussi les problèmes sociaux. La Suisse doit s’engager activement pour un changement de cap dans les organisations internationales telles que la Banque mondiale, le Fonds monétaire international (FMI) et l’Organisation mondiale du commerce (OMC). Ces institutions doivent faire passer les intérêts écologiques et humains avant la logique de marché. Il est impensable que des terres arables soient affectées à la production lucrative d’agrocarburants au lieu d’être cultivées pour l’alimentation de base. C’est pourquoi la délégation verte au sein de la Commission de politique extérieure a déposé une proposition contre une libéralisation supplémentaire des marchés agricoles dans les négociations de l’OMC. Cette proposition a été approuvée par la commission lors de sa séance d’hier. L’ouverture des frontières et la promotion des exportations agricoles en provenance des pays du Tiers-monde avantage le business agroalimentaire et non les pauvres. Ces derniers sont dépendants d’un commerce local fonctionnel et donc d’une certaine protection des frontières. Les Verts sont conscients depuis longtemps que l’OMC vise la mondialisation du libre-échange uniquement. Le rééquilibrage des intérêts entre économie, société et environnement est du ressort de l’ONU. L’OMC devrait par conséquent être dessaisie, au profit de l’ONU, du mandat de négociation pour un accord international dans le domaine agricole.
Une augmentation du fonds spécial pour la sécurité alimentaire est urgente car 700 millions de plus sont nécessaires pour distribuer la même quantité de nourriture qu’en 2007. Une somme supplémentaire est indispensable pour que les personnes, toujours plus nombreuses, souffrant de la faim puissent avoir une chance d’être sauvées. Dans le programme d’armement en cours, le Conseil fédéral propose un crédit d’engagement de 800 millions de francs pour le maintien des capacités du F/A 18 et l’acquisition, tout aussi absurde, de véhicules protégés de transport de personnes. Ne serait-il pas plus judicieux, d'un point de vue de politique de sécurité, d’engager cette somme dans la lutte contre la faim ? De nombreuses multinationales agroalimentaires, qui contribuent à la flambée des prix en participant à la spéculation, ont leur siège en Suisse. N’est-il donc pas du devoir de notre pays, qui profite des retombées économiques de ce marché, de contribuer à l’augmentation du fonds spécial pour la sécurité alimentaire?

