Une économie verte plutôt qu'un paradis fiscal
Le sens des responsabilités vis-à-vis de la planète reste en rade
En ce début d'année, la place bancaire suisse reçoit l'annonce d'un nouvel arrivant. Durant les deux prochaines années, JP Morgan, la plus grande banque de la planète, veut créer des centaines d'emplois en Suisse. Ce développement s'inscrit sur une longue liste d'arrivées d'entreprises. Déjà coffre de banque, la Suisse se transforme en eldorado comptable. Les entreprises qui choisissent de s’établir en Suisse appartiennent surtout aux secteurs bancaire et financier. Les promoteurs de la place économique suisse n’ont pas manqué de s’auto-congratuler pour Noël. Dans leurs rétrospectives annuelles, ils vantent les excellentes infrastructures, la stabilité politique et naturellement aussi l'attractivité fiscale de notre pays.
Marchands de matières premières, banques d'investissement, assureurs financiers et hedge funds, mais aussi entreprises de mercenaires (Aegis Defence Services) et d'extraction pétrolière dont les chiffres d'affaires atteignent des milliards (Weatherford), tous découvrent leur amour de la Suisse en ces temps troublés. 2010 a vu s’installer un nombre record d’entreprises en Suisse.
Notre pays a une réputation chargée d'histoire et promet des eaux calmes – même si une tempête fait rage sur toute la planète – comme le formule M. Gentinetta, le directeur d'économiesuisse.
M. Gentinetta et économiesuisse recommandent de miser de nouveau en 2011 sur les cartes de politique économique qui ont fait leurs preuves: étendre notre position de tête dans la compétition fiscale internationale, réduire les dépenses de l'Etat, nous adapter à un franc durablement fort et « accompagner avec bienveillance nos voisins sur le douloureux chemin des restructurations ». Mais comme il n'y a que rarement des mirages en Suisse, nous pouvons facilement voir la contradiction qu'il y a entre un « accompagnant bienveillant » et un paradis fiscal.
La Suisse joue un jeu dangereux avec sa politique fiscale unilatéralement basse. Le sens des responsabilités vis-à-vis de la planète reste ainsi complètement en rade.
Les Verts souhaitent que cette nouvelle décennie voie la fin de la recherche de profit à court terme dans les milieux politiques et économiques. Il est vrai que la Suisse se distingue par un Etat comparativement faiblement endetté, un chômage bas et une culture démocratique. Il est toutefois lâche de vanter seulement cette situation de politique économique conservatrice et de cadeaux fiscaux à l'égard des entreprises internationales. Ces promesses de salut économique menacent en effet la paix sociale comme l'environnement.
Seules des conditions politiques cadres qui promeuvent volontairement la durabilité écologique et la solidarité sociale permettront un avenir de bien-être et de sûreté à la planète et donc aussi à la Suisse. Nous devrions considérer que notre situation est une chance et aborder courageusement l'avenir avec de nouvelles idées qui vont au-delà de la seule optimisation financière. C'est dans ce sens que je vous souhaite une Bonne Décennie!!!

