La concordance n’a jamais été seulement une formule mathématique
Le « Café Concordia » en perte de clientèle
« La concordance veut dire que les trois plus grands partis ont droit à deux sièges et le quatrième parti à un siège » Ce verset, appris par cœur et répété inlassablement comme les enfants récitent leurs poèmes devant le père Noël, commencent gentiment à m’agacer !
Voilà donc la « quintessence concordia » de la compréhension du système gouvernemental suisse, répétée par tant de politiciens et journalistes. Ceux du cartel des possédants – les quatre partis gouvernementaux traditionnels- suffisamment intéressés à conserver tout simplement leur pouvoir sans partage, et qui le font pour des raisons évidentes : se maintenir au pouvoir.
Mais que dire des représentants des médias, toujours plus nombreux, qui se donnent peu la peine de s’informer ou d’informer le public correctement. Et d’expliquer, par exemple, que la concordance n’a jamais été seulement une formule mathématique. Que jusqu’ il n’y a pas si longtemps, la volonté de travailler ensemble pour trouver des solutions aux questions importantes de notre pays pesait au moins autant que la logique des chiffres. De même qu’ une certaine correction dans les relations entre partis gouvernementaux. Le tout dans le respect de nos institutions !
La concordance ne peut pas se limiter à une question de maths. Il serait grand temps que les adeptes des maths politiques modernes s’approprient un peu plus le savoir et le savoir-faire de la politique suisse de ces derniers 60 ans. Dommage que le « Café Concordia » perde de sa clientèle, par manque d’adeptes de la bonne vieille cuisine politique traditionnelle…
