Les migrants sont le bouc-émissaire
Schwarzenbach vous salue bien!
Bien que disparu au début des années nonantes et que ses forces politiques et électorales aient été récupérées par l'UDC blochérienne, Schwarzenbach continue de hanter certains esprits. La Suisse sera "surpeuplée", "surpeuplée" d'étrangers évidemment pour certains! Ce discours fait une retour en force dans le débat politique.
Pour qui ne veut pas réfléchir plus loin, les grandes questions de l'environnement trouvent le bouc-émissaire idéal dans les concitoyennes et concitoyens sans passeport rouge à croix blanche.
Même si c'est du réchauffé et que les initiants d' ECOPOP (qui n'ont strictement rien à voir avec les Verts) se défendent d'être d’inspiration xénophobe, le grand débat va inéluctablement déraper comme dans les années soixante et septante.
Rendre les travailleurs étrangers principalement responsables du désastre au niveau de l'aménagement du territoire, du mitage du Mittelland, du bétonnage du pays... est un manque de jugeote. Vouloir imposer des pourcentages rigides de limitation de la croissance de la population fait fi de nombreuses réalités.
Jusqu'à preuve du contraire en effet, des travailleurs mais aussi de nombreux cadres de multinationales s'établissent en Suisse parce que de nouvelles entreprises y ont été attirées par nos Autorités. Pour s'opposer à cette évolution, il faut que les Autorités et leurs offices de promotion économique examinent de près les autorisations d' implantation sous l'angle de l'impact écologique et social avant d'attirer, par une fiscalité et d'autres avantages déloyaux, des "boites" de partout. Il faut enfin réfléchir sur quelle économie nous voulons : pour moi, vous l'avez deviné, elle doit évidemment être verte.
Parallèlement, il est indispensable que les mesures d'accompagnement promises au moment des votations des Bilatérales se mettent en place dans toute la Suisse. L'introduction des salaire minimum, l'extension des conventions collectives de travail et de contrats types de travail doivent pouvoir protéger l'ensemble des travailleurs contre la détérioration des conditions de travail et contre le dumping salarial.
Jusqu'à nouvel avis, il existe de grandes différences entre un riche cadre international ou retraité fatigué de la fiscalité de son pays d'origine qui occupent une villa de 700 m2 avec espaces verts, utilisant trois 4x4 pour se déplacer, et une famille occupant un 3 pièces de 50 m2, empruntant les transports publics et pratiquant la mobilité douce! L'empreinte écologique dans ces 2 cas de figure n'a rien de comparable.
Tout en ouvrant le débat sur l'empreinte écologique, il ne faut pas négliger l'empreinte idéologique des bottes nationalistes qui porte une grave atteinte à la cohésion nationale nécessaire à la résolution des vrais problèmes que le devenir de la planète nous pose.
Vouloir ouvrir la chasse aux étrangers comme lors du pas si "bon vieux temps" de Schwarzenbach mène tout droit dans le mur!

