Le Conseil des Etats fait des courbettes au lobby nucléaire
Le peuple ne s’en laissera pas compter
Lorsque le Conseil national a approuvé la motion de Roberto Schmidt pour une sortie progressive du nucléaire en juin dernier, les Verts et leurs sympathisants ont laissé éclater leur joie. Une joie à peine troublée par le soupçon que cette décision relevait pour certains parlementaires de la tactique électorale, et visait à profiter de l’ « effet Fukushima » quelques mois après la catastrophe japonaise. Après le Conseil fédéral, la Chambre du peuple se déclarait en faveur d’une réorientation de la politique énergétique suisse. L’été a passé, et la situation apparaît aujourd’hui toute autre. Le franc fort a chassé Fukushima de la une des gazettes, alors que des particules radioactives continuent de s’échapper des ruines des réacteurs et que les déchets toxiques doivent être enterrés dans le préau des écoles faute de décharges adéquates (source: Zeit online) Pendant ce temps, en Suisse, la commission du Conseil des Etats en charge du dossier courbe l’échine devant le lobby des centrales nucléaires et édulcore la motion Schmidt. Au lieu de s’opposer résolument au nucléaire, voie sans issue, il est soudain question d’autoriser la construction de centrales nucléaires dans le futur si de nouvelles technologies s’avèrent praticables.
Même cela n’est pas pour demain – on parle d’un horizon distant d’au moins 40 ans – la décision de la commission est très décevante, et il est à craindre qu’elle sera confirmée en plénum lors de la prochaine session. Le signal donné est trompeur : au lieu de rassembler ses forces et de miser à fond sur les énergies renouvelables et sur un accroissement de l’efficience, on laisse penser qu’un avenir sans nucléaire n’est pas possible.
Les Verts le disent haut et fort : seule une Suisse SANS nucléaire est envisageable pour eux. Tchernobyl, Fukushima, Mühleberg, le problème jamais résolu des déchets radioactifs, les terribles conséquences et les coûts astronomiques d’une catastrophe – pourquoi ces faits clairement établis ne suffisent toujours pas à convaincre qu’il est grand temps de changer de cap ? Je crois fermement que le peuple sera plus sage que le Parlement. C’est pourquoi nous devons récolter le plus rapidement possible les signatures nécessaires à notre initiative pour la sortie du nucléaire, afin que les citoyennes et citoyens puissent sans retard se prononcer sur cette question.

