Une catastrophique dépendance au pétrole
Le signal d'alarme est-il assez gros pour nous motiver à réfléchir?
Il a fallu longtemps pour que le gouvernement des Etats-Unis comprenne l'ampleur de la catastrophe qui se dessine dans le Golfe du Mexique. Et avec lui le reste de la planète. La Maison Blanche s'est beaucoup trop fiée aux compétences de BP, l'exploitant de la plateforme de forage. On sait pourtant que c'est imprudent. Nous l'avions déjà constaté avec Shell et dans de nombreux autres cas. Dès que de l'argent est en jeu, il ne faut plus se fier aux entreprises responsables de la catastrophe. Le gouvernement étasunien a pourtant préféré rester en retrait plutôt que de chercher à se faire une image claire de la situation dès le début de la catastrophe et faire pression sur le groupe pétrolier.
Avant cet 'accident', le projet d'Obama de mettre fin au moratoire sur les forages pétroliers dans les eaux côtières n'avait pas essuyé beaucoup de critiques. On peut maintenant espérer que la catastrophe qui se prépare sur les côtes de Louisiane constitue un assez gros signal d'alarme; la dépendance étasunienne à l'égard du pétrole ne peut pas se soigner par l'extraction dans les eaux côtières, mais seulement par le développement de l'efficacité énergétique et des énergies renouvelables. Il en va de même de notre dépendance à tous, pas seulement de celle des USA.
Ce n'est que si nous renonçons au pétrole que ce genre de catastrophes fera à coup sûr partie de l'histoire. A ce jour, notre dépendance illimitée à l'égard du pétrole n'a toutefois pas encore connu de développement dans la bonne direction. L'exemple de l'énergie nucléaire ne nous donne pas non plus de raison d'espérer un changement. En 1986, un accident majeur dans ce secteur avait aussi déclenché une catastrophe. Avons-nous pour autant renoncé à l'énergie nucléaire? Non! Il faut manifestement plus de souffrances, plus de morts, plus de catastrophes et surtout plus d'argent gaspillé pour que nous envisagions seulement un changement.
Nous n'avons pas encore compris toute l'étendue de cette catastrophe environnementale. Je sais seulement que je suis saisie d'une grande tristesse lorsque je regarde les photos et que je me demande ce qui doit encore se passer pour que nous réfléchissions enfin à nos besoins essentiels. Que voulons-nous encore détruire, et cela de façon visible et tangible, jusqu'à ce que nous comprenions l'importance de cette planète pour nous? Qu'elle est vitale pour l'humanité?
La grande question est de savoir qui payera les dégâts. Mais cela importe-t-il vraiment? L'environnement est de toute façon détruit, sur de grandes surfaces et en profondeur. La nature a de nombreux trucs pour se rétablir, mais ce sera peut-être aussi la cause de sa perte; car tant que nous pensons qu'en quelques années la nature sera de nouveau la même qu'avant la catastrophe, nous continuerons à lui nuire.
Je trouve que nous devons cesser de penser à si court terme, de nous montrer ignorants et de ne pas réfléchir aux conséquences de nos actes.
